Les pommes et les poires cultivées au Portugal font partie des fruits contenant la plus grande quantité de pesticides dangereux, indique une analyse des fruits frais européens pour 2019, réalisée par le réseau d’organisations non gouvernementales « PAN Europe ».

En réponse à Lusa, le ministère de l’Agriculture a souligné que l’étude porte sur la présence de résidus dans un « ensemble limité » de produits, à savoir le kiwi, la cerise, la pomme, la poire, la pêche, le céleri, le concombre, les épinards et la laitue, « sans, en cependant, mentionner les niveaux auxquels ces résidus sont trouvés ou faire toute mention du respect des limites maximales de résidus établies par la communauté ».

En ce sens, l’exécutif a souligné qu’en 2020, 93,6 % des échantillons au Portugal étaient conformes à la loi, 46,5 % sans résidus détectables et 47,6 % avec des résidus inférieurs aux limites maximales de résidus.

D’autre part, le ministère sous la tutelle de Maria do Céu Antunes a déclaré que le document « ne traite que de la présence de résidus de substances actives (pesticides) dans certains produits agricoles qui sont actuellement classés comme substances candidates à la substitution (Cfs) ».

Comme leur nom l’indique, celles-ci devraient être remplacées par « les solutions de rechange les moins préoccupantes, lorsque de telles solutions de rechange existent ».

La Direction générale de l’alimentation et de la médecine vétérinaire (DGAV) avait déjà fait valoir que la présence de résidus de pesticides dans les produits agricoles, sans niveaux constituant un risque, n’est pas une cause d’inquiétude.

Selon une note publiée aujourd’hui par la DGAV, « la présence de résidus de pesticides ou de tout autre contaminant dans les produits agricoles ne doit pas, à elle seule, constituer un motif d’alarme sans être associée à des niveaux à risque ».

Dès lors, la DGAV a souligné que l’étude en question « doit être contextualisée », notamment au regard de l’impact sur la sécurité alimentaire.

En revanche, il a mentionné que l’utilisation des pesticides est soumise à des limites maximales de résidus, et que leur contrôle, coordonné par la DGAV, montre « des niveaux de conformité significatifs ».

Le Pesticide Action Network (PAN), fondé en 1982, est un réseau de plus de 600 organisations non gouvernementales, institutions et personnes de plus de 60 pays qui cherche à minimiser les effets négatifs des pesticides dangereux et à les remplacer par des pesticides respectueux de l’environnement et socialement justes. PAN Europe a été créé en 1987 et regroupe, entre autres, 38 organisations de consommateurs, de santé publique et environnementales.

Selon le document, les pommes et les poires portugaises occupent la deuxième place du « classement » de la plus forte proportion de fruits contaminés en 2019. Dans 85 % des poires portugaises testées et dans 58 % de toutes les pommes testées, une contamination par des pesticides dangereux a été constatée.

Au niveau de l’Union européenne, selon l’étude, les taux de contamination des pommes et des poires ont plus que doublé entre 2011 et 2019.

PE (PF) // MSF