Sur les 110 espèces de plantes que l'on ne trouve que sur le continent portugais, 53 sont menacées d'extinction.

C'est l'un des détails «les plus inquiétants» de la dernière 'Liste rouge des plantes vasculaires du Portugal continental' compilée au cours des quatre dernières années par la société botanique du pays en collaboration avec l'association portugaise de la science de la végétation et l'ICNF (nature et institut de conservation forestière).

Les travaux de terrain pour l'étude ont eu lieu en 2016 et 2018, concluant que «19 espèces ont déjà disparu au cours des dernières décennies».

Les lecteurs se rappelleront peut-être que dans de nombreuses histoires au fil des ans sur les «développements voyous» dans ce qui devrait être des zones protégées, les plantes préservées par des statuts juridiques sont invariablement «déterrées», brûlées ou autrement détruites. C’est une histoire sans fin d ’« abus »calculé, souvent conçue pour promouvoir des projets d’ «agriculture intensive» du XXIe siècle.

Un exemple typique est le dilemme qui menace Linaria dos olivais (nom latin: linaria ricardoi), une plante vivace à fleurs apparentée au genre toadflax que l'on ne trouve que dans les régions du bas Alentejo actuellement touchées par les monocultures agricoles.

Cette plante «fleurit» dans des environnements de vergers secs. Avec le passage à des projets intensifs d'irrigation, Linaria dos olivais disparaît rapidement. C'est pourtant dans un cadre Rede Natura «conçu pour protéger l'espèce», explique le coordinateur de la Liste Rouge André Carapeto.

En d'autres termes, la classification Rede Natura ne protège pas, en fin de compte, ce qu'elle est censée protéger.

Selon Carapeto, la dernière étude a trouvé 30 autres espèces dont la survie est menacée «par le développement des pratiques d'irrigation dans l'Alentejo».

Il en va de même pour les végétaux de la partie ouest de Rede Natura Comporta-Galé qui, ces dernières années seulement, ont vu «des centaines d'hectares d'habitats protégés par la loi» détruits.

Souligne Carapeto, «la protection d'une aire protégée ne suffit pas pour assurer la conservation de la diversité de notre flore nationale».

L'enquêteur cite également la prolifération des serres en plastique le long de la Costa Vicentina – encore une fois une zone qui devrait être protégée. Au lieu de cela, les produits chimiques utilisés sur les cultures dans les serres s'infiltrent dans le sol, affectant non seulement les plantes terrestres, mais également la flore marine.

Les zones d'exploitation minière ont également vu la moitié de la population d'une forme vulnérable de bavures disparaître entièrement, tandis que l'urbanisation de l'Algarve a fait des ravages sur d'innombrables habitats.

Il y a cependant une série de «bonnes nouvelles»: la dernière étude de la Liste rouge a identifié huit espèces de plantes jusqu'alors inconnues au Portugal: certaines existent en Espagne, d'autres en Méditerranée.

«C’est une nouvelle douce-amère», a expliqué André Carapeto, car sept des espèces sont déjà «menacées d’extinction».

En bout de ligne, cette recherche a montré qu'il faut mettre en place davantage de mesures pour protéger les habitats naturels et que les gens doivent commencer à jouer leur rôle.

Expliquez les rapports, il est difficile de savoir s’il y aura un financement pour poursuivre les recherches sur la Liste rouge du Portugal. Ainsi, ce dernier rapport est «un diagnostic», dit Carapeto. «Nous avons fait nos suggestions, il appartient maintenant à chacun et à la société de faire pression sur les entités responsables pour qu'elles poursuivent réellement la conservation de la nature».

Sans cette poussée, cet effort, le Portugal continuera simplement à perdre ses plantes endémiques, a-t-il prévenu, jusqu'à ce qu'il en reste très peu.

natasha.donn@algarveresident.com