L’eurodéputé CDS, Nuno Melo, a critiqué aujourd’hui les déclarations du président de Turismo de Portugal, Luís Araújo, qui a récemment encouragé les passagers du Nord à échanger le TAP contre Iberia et l’aéroport Francisco Sá Carneiro contre Barajas. La critique, dit-il, s’étend à la connivence de la secrétaire d’Etat, Rita Marques, qui, selon Nuno Melo, a « validé » cette position, prise la semaine dernière, lors d’une réunion avec des représentants du tourisme du Nord.

« Le CDS répudie publiquement les déclarations du président de l’Institut du tourisme, validées par la tutelle », signale Nuno Melo, dans un communiqué transmis à JE, où il considère que les déclarations du président de Turismo de Portugal et « la connivence » du secrétaire d’État au tourisme (qui supervise cette entité publique) « sont offensants pour des millions de Portugais et des milliers d’entreprises qui, grâce à beaucoup d’efforts, d’esprit d’entreprise et de persévérance, en payant des impôts provenant des revenus générés sur les marchés internationaux, ont le droit de bénéficier de l’aéroport Francisco Sá Carneiro et de TAP, comme outils essentiels pour ses activités ».

La réaction de l’eurodéputé intervient après une nouvelle de la semaine dernière faisant état d’une rencontre, le 26 mai, avec des représentants du tourisme dans le Nord, où, selon des informations reproduites par JN, le président de Turismo de Portugal a mis en avant les contacts d’Iberia pour promouvoir un partenariat. avec l’aéroport de Porto, ayant même « demandé de l’aide pour faire de Madrid l’aéroport de connectivité de Porto », profitant du fait que le hub espagnol a des connexions vers tous les continents.

En réaction à cette nouvelle, Turismo de Portugal a précisé, dans un communiqué, que sa mission est de « promouvoir le Portugal en tant que destination touristique », expliquant que son travail est de collaborer avec tous les acteurs du secteur. Et il a fini par défendre que la TAP en tant que compagnie aérienne nationale « n’est pas seulement essentielle pour le secteur sur tout le territoire national, mais aussi un partenaire stratégique de Turismo de Portugal ». Néanmoins, le communiqué indique que, étant donné qu’Iberia a récemment inclus les destinations de Porto et de Lisbonne dans son programme, des travaux ont été menés pour rendre ces destinations encore plus attrayantes pour les passagers qui effectuent des correspondances en Espagne.

L’eurodéputé CDS regrette que face à « des faits aussi graves », les partis politiques disposant de sièges parlementaires n’aient pas encore demandé l’audition du président de l’Institut du tourisme, Luís Araújo, de la secrétaire d’État Rita Marques et de la ministre des Infrastructures et du Logement, Pedro Nuno Santos à l’Assemblée de la République, « comme l’aurait fait le CDS ». Il souligne que Turismo de Portugal « est un institut public et que le Nord du Portugal n’est pas une région espagnole ».

Ce responsable rappelle qu’il y a quelques jours, lors d’une réunion promue par Turismo do Porto e Norte, en présence de la secrétaire d’État au Tourisme, Rita Marques, le président de Turismo de Portugal, Luís Araújo, « a encouragé les passagers du Nord pour échanger TAP contre Iberia et l’aéroport Francisco Sá Carneiro de Barajas, faisant de Madrid l’aéroport de connectivité internationale de Porto ».

Pour Nuno Melo, les Portugais « doivent être traités sur un pied d’égalité et avec un égal effort de cohésion, sur le continent, les Açores et Madère », considérant que « le Portugal est bien plus que Lisbonne, même si Lisbonne est une partie importante de du pays ».  » et que la TAP a survécu grâce aux efforts de milliers de contribuables, de toutes les régions, exprimés, soulignent-ils, « en milliards d’euros injectés directement et via des augmentations de capital ».

L’eurodéputé rappelle que le budget de l’Etat 2022 garantit à lui seul 990 millions d’euros supplémentaires, sur un ensemble prévu de 3,2 milliards d’euros, « dans une proportion de près de 320 euros pour chaque Portugais », ajoutant qu' »un pays où presque tout manque de domaines fondamentaux, de la Santé à l’Éducation, en passant par la Justice et bien d’autres, n’est pas une mince affaire ».

Selon Nuno Melo, un transporteur aérien qui se revendique national et battant pavillon, « soit il sert les intérêts stratégiques et sociaux de tout le pays qui le soutient, soit il perd son sens ». Il souligne que, dans ce cas, il vaut mieux que la TAP soit ramenée dans l’une des deux réalités suivantes : « soit elle est régionalisée et perd son statut national, avec tout ce que cela implique, soit elle est privatisée et cesse d’être une entreprise brutale ». fardeau pour les contribuables, les actionnaires étant responsables des résultats respectifs ».