La motion par laquelle André Ventura va re-candidater à la présidence de Chega précise que le parti ne doit pas « démissionner de la participation ministérielle à un gouvernement finalement dirigé par le PSD ». Et il signale les domaines de la justice, de la fiscalité, de la sécurité sociale, de l’administration intérieure, de l’emploi et de la défense comme ceux dans lesquels devraient avoir lieu des réformes structurelles influencées par ses députés.

Complètement éloignée du texte de Ventura, c’est la solution du simple soutien parlementaire à un exécutif social-démocrate. Il est considéré que cela serait « encore plus dommageable que la situation actuelle » pour le parti, précisant que la viabilité d’un gouvernement de droite dépend « d’une négociation claire, efficace et transparente, avec la possibilité et l’autonomie de mettre en œuvre certains de nos grands drapeaux ».

« Il faut pouvoir construire un gouvernement de transformation nationale sans céder au système, aux accords dominants dans les deux principaux partis et sans craindre des mesures de rupture », se défend le fondateur et unique député de Chega. Même parce que, selon lui, il n’y a « aucune garantie » qu’une gouvernance sociale-démocrate. même avec le CDS-PP et l’Initiative libérale, il sera « substantiellement différent » de celui dirigé par António Costa.

L’objectif fixé dans le document qui sera voté lors du congrès des 27 et 28 novembre – après que la Cour constitutionnelle eut donné raison au ministère public, considérant que la convocation au congrès précédent contenait des illégalités qui invalidaient ses décisions – est que Chega parvienne à entre 10 % et 15 % des voix lors des prochaines législatures, « la rendant indispensable à la formation et à la viabilité d’un gouvernement ». Et il souligne qu’il faut tenir compte du fait que « ce suffrage peut arriver plus vite que prévu », à la suite d’une crise politique qui renverse l’exécutif actuel d’António Costa.

En ce qui concerne les autorités locales, Ventura reconnaît qu’il n’a pas atteint l’objectif d’élever Chega au rang de troisième force politique, mais a souligné l’élection de 19 conseillers, 172 députés municipaux et 205 représentants dans les assemblées paroissiales, ce qui selon lui est « un résultat pour un parti qui n’a que deux ans ».

Pour les autorités locales 2025, la motion élève la barre, pointant Chega comme l’un des deux partis les plus votés. Chose que Ventura voit comme la conséquence de « quatre ans de travail » des maires élus le 26 septembre, qui passeront par la « consolidation de l’électorat conquis » mais aussi « la résistance aux offres des autres partis ».

En ce qui concerne la vie intérieure de Chega, la motion Ventura dispense « d’appels à la modération ou à la moindre intensité d’action, soit en raison de la clameur des autres partis et de droite ou de gauche, soit en raison d’une éventuelle crainte d’illégalisation ». Et il soutient que la confiance des électeurs dépendra de la fermeté politique de Chega, car « pour représenter tout laxisme politique du CDS et du PSD depuis de nombreuses années ».

Quant à la menace d’interdire le parti, défendue lors de la campagne présidentielle d’Ana Gomes, la fondatrice du parti soutient que les militants doivent indiquer clairement qu’ils n’accepteront pas une décision à cet égard de la Cour constitutionnelle. « Ce congrès devrait donc définir les termes et les modes de lutte et de résistance si le système envoie le parti dans l’illégalité et la clandestinité », dit-il.