Une lettre ouverte signée par plus d’une centaine de dirigeants, universitaires, économistes, hommes d’affaires et anciens gouverneurs appelle le Président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, à marquer les événements législatifs anticipés découlant de la probable dissolution de l’Assemblée de la République le une date qui n’est pas fixée, les processus électoraux en cours au PSD et au CDS-PP sont en jeu, empêchant ces partis de se présenter aux suffrages avec des « chefs perdus ».

« Puisqu’il existe plusieurs partis avec des processus électoraux internes, réguliers, obligatoires et préalablement initiés, la réponse démocratique ne peut pas être d’exiger qu’ils renoncent à la démocratie interne. Ce serait insoutenable en interne, mais cela créerait aussi un avantage déloyal en forçant certains partis à se rendre à des élections avec des dirigeants et des programmes à la légitimité substantielle et formelle ayant expiré », lit-on dans le document, rendu public ce même mercredi au président de la La République rencontre le Conseil d’État pour discuter de la dissolution de l’Assemblée de la République.

Pour les abonnés de la lettre ouverte « L’heure de la démocratie : pour l’égalité démocratique, la qualité et la stabilité », qui rassemble des noms tels que l’ancien ministre des Finances Luís Campos e Cunha, l’ancien ministre de l’Éducation Nuno Crato, le candidat à la présidence de l’Ordre des économistes Pedro Reis, directeur et professeur d’université António Nogueira Leite et homme d’affaires Miguel Pina Martins, tout scénario mettant en péril les propositions présentées à l’électorat par certains partis conduira à « affaiblir la qualité de la démocratie
de cette crise ».

« Il est clair que le Portugal ne vit pas dans un état d’exception qui justifie la compression de la démocratie nationale ou la normalité démocratique interne des partis », soulignent ces personnalités, rappelant que la Constitution attribue le pouvoir de dissoudre l’Assemblée de la République et réclamer des élections législatives exclusivement au Président de la République et non « à une majorité instantanée ou circonstancielle de partis qui décideraient en s’intéressant à leur propre cause ».

Depuis que l’argument de la nécessité d’éviter de plus grandes difficultés pour l’économie portugaise a été avancé par les partis qui défendent la tenue des législatives le 16 janvier 2022, les abonnés de la lettre ouverte font valoir que « la préparation des programmes et le choix des candidats, le les divers débats et la campagne doivent se dérouler dans un délai rapide mais raisonnable, sans précipitation qui contrecarrerait toujours les objectifs de clarification des électeurs et de dépassement des impasses politiques ».

« La discussion sur les prétendus dommages irréparables infligés à l’intérêt national, alors que des délais parfaitement raisonnables n’excédant pas quelques semaines sont en jeu, semble tout simplement artificielle », défendent les abonnés du document, pointant comme fausse l’idée que « l’intérêt de l’économie, des entreprises et des travailleurs obligerait à accélérer les élections et à faire approuver un budget en un temps record ». Principalement parce que la Commission européenne a précisé que l’exécution et les paiements du Plan de relance et de résilience et des fonds structurels ne dépendent pas du nouveau budget ou du processus électoral.