Le PS et la députée du CDS-PP, Cecília Meireles, ont évoqué ce jeudi les règles de l’Etat de droit pour justifier la conduite à l’audition parlementaire de Rui Pinto en commission d’enquête au Novo Banco.

Selon la déclaration de vote du PS, à laquelle Lusa avait accès, «la défense de la légalité dans l’obtention de preuves est, pour le Parti socialiste, un principe fondamental qu’il n’abdique pas, puisque l’inclusion d’un tel principe dans la Constitution suit précisément la nécessité garantir qu’à aucun moment l’ingérence abusive des pouvoirs publics ne pourra être légitimée au cœur des droits et libertés des citoyens ».

Pour le PS, « le régime juridique des moyens d’obtention des preuves et ses limites découlent de principes constitutionnels fondamentaux, structurant l’Etat de droit démocratique ».

L’audition de Rui Pinto, créateur des «  Football Leaks  » et accusé dans l’affaire du même nom, a échoué dans la commission d’enquête parlementaire sur le Novo Banco, après deux nuls dans le vote, ce qui dans le second signifie conduire.

Lors du vote d’aujourd’hui dans l’éventuelle commission d’enquête parlementaire sur les pertes enregistrées par Novo Banco et attribuées au Fonds de résolution, les députés du PSD, BE, PCP et PAN ont voté en faveur, João Cotrim de Figueiredo (IL) s’est abstenu et le PS et le CDS-PP voté contre.

«Il serait donc mauvais que, dans ce contexte, l’Assemblée de la République admette utiliser, dans le cadre de ses travaux, la preuve qu’elle n’a pas été produite selon les principes que la Constitution de la République impose à tous» , considérez les socialistes.

Pour le PS, le débat autour de l’éventuelle audition de Rui Pinto «a fait apparaître clairement, par ailleurs, que les différents groupes parlementaires sont conscients de l’éventuelle illégalité des preuves qui peuvent être en possession du citoyen», ce qui nécessiterait la soumission des déclarations au ministère public «et sa non-utilisation» par les députés, «ce qui rendrait toujours une telle audition inutile».

Le PS précise également qu ‘«il n’y a pas de lien connu entre le citoyen Rui Pinto et l’objet» de la commission d’enquête, qui «est soumis aux principes qui structurent le droit de procédure pénale, notamment en ce qui concerne les témoignages et les moyens de obtention de preuves. preuve « .

En outre, la députée CDS-PP Cecília Meireles a considéré, dans son explication de vote, à laquelle Lusa avait accès, qu ‘«il n’y a pas d’État de droit dans le monde sans procédure pénale», comprenant que c’est «l’essence» de la discussion en autour de l’audience Rui Pinto.

Le député a justifié aujourd’hui le vote contre l’audition parlementaire à Rui Pinto également pour avoir compris que les fins ne justifient pas les moyens.

« La découverte des faits est une hypothèse de la réalisation de la justice et que le processus judiciaire ne peut être si technocratique ou garant qu’il empêche en pratique la réalisation de sa fin », a-t-il affirmé, défendant, en revanche, que « cela fait ne veut pas dire que la fin justifie aucun moyen ».

Cecília Meireles a souligné qu ‘ »aucun lien n’est affirmé ou connu à distance » par Rui Pinto avec BES, GES ou BES Angola, et « tout moyen légal d’obtenir des informations pertinentes » n’a même pas été mentionné comme une possibilité par le créateur de « Football Leaks ».

Cecília Meireles a également souligné le caractère individuel de son vote.

«C’était une décision prise selon ma conscience et ma conviction individuelles», peut-on lire dans l’explication de vote.

La parlementaire du CDS élue par le cercle de Porto comprend également que si Rui Pinto était entendue, elle resterait «la porte ouverte à tout type d’abus».

«La ligne dont nous discutons ici aujourd’hui est une ligne qui n’a pas lieu, et c’est le totalitarisme de la démocratie», a-t-il défendu, étant préoccupé, à son avis, «exactement la même différence qui sépare le jugement des foules dans le place publique du jugement dans les tribunaux avec un procès équitable. »

Rui Pinto a souligné aujourd’hui la «signification politique» du rejet de son audition à la commission d’enquête de Novo Banco et a attaqué la position du PS et de la députée Cecília Meireles, l’accusant de remplacer les tribunaux et de violer sa présomption d’innocence.

Dans son compte sur le réseau social Twitter, Rui Pinto a publié, le mois dernier, des messages sur BES, Prébuild (grand débiteur de Novo Banco) ou sur l’audition de Luís Filipe Vieira (président de Promovalor et Benfica) au parlement, interrogeant si «certains éléments de l’IPC [Comissão Parlamentar de Inquérito] ils ne veulent pas savoir »ce que vous avez à dire.

Le procès de l’affaire Football Leaks se poursuit le 24 juin. Dans le même temps, l’avocat de Rui Pinto, Francisco Teixeira da Mota, a déclaré au panel de juges, présidé par Margarida Alves, que l’accusé ferait des déclarations au procès, après l’interrogatoire des témoins et avant la phase finale des allégations.

Rui Pinto, 32 ans, est responsable d’un total de 90 crimes: 68 d’accès indu, 14 de violation de correspondance, six d’accès illégitime, ciblant des entités telles que Sporting, Doyen, le cabinet d’avocats PLMJ, la Fédération portugaise de football (FPF ) et le bureau du procureur général (PGR), ainsi que pour sabotage informatique du SAD du Sporting et pour extorsion, sous la forme d’une tentative. Ce dernier crime concerne Doyen et c’est aussi ce qui a conduit à la prononciation de l’avocat Aníbal Pinto.

Le créateur de Football Leaks est libre depuis le 7 août, «en raison de sa collaboration» avec la police judiciaire (PJ) et de son «sens critique», mais est, pour des raisons de sécurité, inséré dans le programme de protection des témoins dans un lieu non divulgué et sous la protection de la police.