La BCE a annoncé aujourd’hui sa décision de relever ses trois taux directeurs de 50 points de base – la première hausse en 11 ans – afin de juguler l’inflation.

Dans un communiqué du bureau de presse du PCP, les communistes estiment que cette hausse « aura un impact particulier sur les familles et les crédits immobiliers, ainsi que sur les petites et moyennes entreprises (PME), en raison de la dépendance de ces secteurs au crédit ». , les plaçant « dans une situation de fragilité encore plus grande ».

Le PCP prédit que « la hausse des taux d’intérêt impliquera la dévaluation des salaires », en plus de provoquer « des impacts sur la dette extérieure ».

Selon le PCP, « dans le même temps, cette option de la BCE représentera un déséquilibre encore plus grand entre les conditions de financement public et privé » dans l’espace européen, « nuisant aux économies périphériques de la zone euro comme le Portugal et bénéficiant les économies des grandes puissances comme l’Allemagne ».

« Cette décision de la BCE, construite pour maintenir les profits du grand capital et favoriser les grandes puissances de l’Union européenne, confirme une fois de plus la nécessité pour le Portugal de recouvrer sa souveraineté monétaire afin de ne pas dépendre de décisions de tiers, ce qui lui faire du mal », ajoutent les communistes, réitérant leur position favorable à la sortie du Portugal de la zone euro.

Concernant la hausse des taux d’intérêt par la BCE, le PCP insiste sur le fait que dans la situation actuelle, il doit y avoir « une intervention de l’État dans la politique des prix et dans l’offre de biens et services essentiels, ainsi qu’une augmentation générale des salaires et des pensions et le pari sur la production nationale ».

D’autre part, les communistes font allusion à l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie, sans mentionner aucun de ces deux pays, se référant à une « escalade de la confrontation » dont ils prétendent que les États-Unis d’Amérique sont le « principal bénéficiaire ».

« La hausse brutale des prix est indissociable de la politique de sanctions, qui a été déterminée en fonction des intérêts des États-Unis d’Amérique – le principal bénéficiaire de l’escalade actuelle de la confrontation, contrairement à l’Union européenne – ainsi que du processus de reprise de l’activité économique post-épidémique, dont le cadre a été marqué par l’usage que le grand capital a fait et fait de ce processus », lit-on dans le communiqué.

S’adressant aux journalistes au parlement, le député communiste Bruno Dias a renforcé la compréhension que l’augmentation des taux d’intérêt annoncée par la BCE est une «option politique» qui donne «roue libre» aux «stratégies de maximisation du profit» et à l’exploitation des travailleurs.

Le député PCP a défendu que « l’option de « contenir les hausses de prix » est « de plus en plus considérée comme incontournable », estimant que « beaucoup de ces hausses résultent de la logique de profit de la guerre et des sanctions, des pratiques spéculatives, de la financiarisation de l’essentiel ».

Pour le PCP, la hausse des taux d’intérêt « pénalisera profondément les populations », notamment en matière de logement, mais aura aussi un impact sur les comptes « propres du pays », puisqu’elle aura des « conséquences plus graves » sur la dette portugaise, aussi bien public que privé.

Interrogé pour savoir si le nouveau paquet de mesures de soutien aux revenus des ménages et à l’activité des entreprises annoncé mercredi par le Premier ministre pouvait être un pas dans la bonne direction, Bruno Dias a déclaré que « le problème est que les mesures annoncées et approuvées par le Gouvernement ont été profondément insuffisant ».

« Insuffisant par la taille du support lui-même — parce que personne n’attend de faire face aux dépenses brutales qui ont ainsi augmenté avec un contrôle ponctuel et sporadique — (…) et, d’autre part, parce que l’univers du portugais (…) recevoir ce soutien est faible par rapport aux besoins », a-t-il souligné.

Le député communiste a estimé qu’il y a « des millions de Portugais » qui n’ont pas accès à ces aides sociales et qui « rencontrent des difficultés dans leur vie quotidienne » et a réitéré que le gouvernement « reste intrépide et serein » quant à la nécessité de « contrôler les prix et pour lutter contre la spéculation.

La BCE a décidé de relever le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement de 0 % à 0,50 %, le taux applicable à la facilité de prêt marginal de 0,25 % à 0,75 % et le taux de dépôt de -0,50 % à 0 %, avec effet à partir du 27 juillet.

Le Conseil des gouverneurs a communiqué qu’il « estimait approprié de faire un premier pas plus important, dans sa trajectoire de normalisation des taux d’intérêt directeurs, que celui signalé lors de la réunion précédente », optant pour une augmentation de 50 points de base au lieu des 25 points de base indiqué.

Il s’agit de la première hausse des taux d’intérêt de la BCE depuis 2011 et l’institution a indiqué qu’elle devrait continuer à relever les taux d’intérêt lors des prochaines réunions.