Après le plomb du budget de l’État pour 2022 (OE2022) présenté en octobre dernier, dans la dernière ligne droite d’un machin gouvernemental déjà fragmenté, la nouvelle proposition de loi de l’OE2022 a été présentée le 13 avril.

Les attentes concernant le nouveau document étaient élevées, principalement en raison de la complexité du contexte actuel dans lequel nous vivons, en particulier le scénario inflationniste auquel nous assistons. En matière de fiscalité indirecte et à commencer par la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), le résultat de l’OE2022 était un rechapage du document précédent, avec des petites notes visant à lutter contre la pandémie, la décarbonation et la transition énergétique. Presque comme une sorte d’IVAucher généralisé, sans grands axes stratégiques, mais plutôt un ensemble de mesures distinctes, véhiculées dans un message de maîtrise de l’inflation et de ses effets. Dans la pratique, peu de mesures, que ce soit en termes de TVA ou d’impôts spéciaux sur la consommation (IEC), peuvent être considérées comme pertinentes.

Certains d’entre eux vont même au-delà de l’OE2022 lui-même, même s’ils sont approuvés dans le cadre du budget et de l’engagement respectif. Il s’agit, à titre d’exemple, de la réduction de la Taxe sur les Produits Pétroliers et Énergétiques (ISP) d’un montant équivalent à la réduction de la TVA à 13%, ou de la restitution de recettes additionnelles de TVA via l’ISP. Or, une véritable politique d’efficacité fiscale exigerait que l’OE2022 promeuve la baisse des taux ou, du moins, précise la pertinence de leur baisse, en indiquant les voies et pistes d’une fiscalité toujours plus efficace. Un OE2022 conforme aux attentes nécessiterait de simplifier certains processus de remboursement ou de déduction de la TVA, de calibrer le système de récupération des crédits échus ou irrécouvrables, de favoriser la restructuration du mix fiscal de certaines IEC, ou encore le maintien ou l’arrêt des autres. Il était essentiel que OE2022 promeuve, via la fiscalité indirecte, une convergence des prix avec notre voisin l’Espagne, une source qui génère des écarts de consommation et des pertes fréquentes de recettes fiscales, en plus de contribuer à la résolution de problèmes dans des industries spécifiques, en prenant le cas encore une fois du secteur de l’hébergement et de la restauration, qui semble avoir été oublié, parmi tant d’autres. Malgré cette réflexion critique d’une attente finalement comblée, l’application du taux réduit de TVA à l’achat de panneaux photovoltaïques ressort dans l’OE2022, un avantage qui ne s’accompagne pas de questions pratiques sur la déduction de la taxe dans les processus de la chaîne de la transition énergétique.

Même l’annonce de l’exonération de TVA sur l’achat d’engrais et d’aliments pour animaux a peu d’effet pratique, dans la mesure où la TVA payée sur les achats de ces produits a déjà été déduite par les contribuables qui les utilisent dans leur cycle de production. L’assouplissement des délais de dépôt et de paiement des déclarations de TVA est salué, mais la communication des éléments de facturation à l’Administration fiscale et douanière n’est articulée avec aucun de ces délais. Toujours sur cette question, OE2022 étend les pouvoirs en matière de communication des factures à l’univers des contribuables soumis à cette obligation, ne résolvant toutefois pas la question des assujettis non-résidents et la duplication des coûts d’efficacité par rapport à la récupération de la TVA. Du côté de la CEI, les attentes ne sont pas complètement déçues malgré la hausse générale des taux, tout de même inférieure à l’inflation prévue pour 2022 et en ligne avec le postulat que l’inflation sera conjoncturelle. Ce qui était autrefois temporaire devient vite définitif, ainsi que la hausse des prix à laquelle on assiste sans contrepoint de la part des impôts indirects.