Quel est le régime fiscal du Portugal pour les retraités français ?

Depuis 2009, les retraités européens bénéficient, en vertu d’une convention entre le Portugal et leur pays d’origine, d’une exonération fiscale sur leurs revenus (pensions et dividendes) générés hors du Portugal. Et ce, pour dix ans. Pour cela, ils ne doivent pas avoir résidé au Portugal au cours des cinq dernières années et doivent y demeurer (comme locataire ou propriétaire) au moins 183 jours (consécutifs ou pas) par an. À ces conditions, ils bénéficient du statut de résident non habituel. À l’issue de ces dix ans, un régime progressif d’imposition est mis en place. Avec un taux maximal de 56,5% au-delà de 250.000 euros de revenus.

Que prévoit le gouvernement portugais ?

Les pensions perçues en dehors du Portugal ne seront plus exonérées et seront imposées à hauteur de 10%. En revanche, les revenus des investisseurs devraient continuer d’être taxés à 20%. «Ce n’est pas la fin de l’eldorado fiscal portugais, affirme Cécile Gonçalves. Le pays reste attractif avec un coût de la vie inférieur de 25 à 30% par rapport à la France.»

Surtout, cette mesure met fin à une menace qui pesait sur le pays. «Le Portugal se libère d’une épée de Damoclès. Certains pays, comme la Finlande et la Suède, ont revu leur convention fiscale bilatérale avec le Portugal et d’autres, comme la France, auraient pu être tentés de le faire», dévoile Cécile Gonçalves.

Les étrangers déjà installés sont-ils concernés ?

Non, seuls les étrangers qui s’installent au Portugal une fois la mesure gouvernementale validée seront concernés. Tous ceux qui résident déjà au Portugal continueront d’être exonérés. Depuis la création de ce régime fiscal avantageux en 2009, on estime à environ 30.000 étrangers, dont 10.000 Français, le nombre de particuliers qui bénéficient du statut de résident non habituel.

Les prix de l’immobilier vont-ils baisser ?

Baisser, non, ralentir, oui. Des hausses de 4% à 5% sont attendues pour 2020 au Portugal et de 3% en 2021. Selon ses détracteurs, le régime fiscal pour les étrangers a eu pour conséquence de faire grimper les prix, notamment à Lisbonne et à Porto, obligeant les Portugais à quitter le centre-ville pour s’installer en périphérie. «Sur 170.000 biens vendus par an au Portugal, seulement 30.000 sont acquis par des étrangers, soit moins d’un cinquième. Mais il est vrai qu’ils achètent surtout des biens luxueux situés dans des régions où le prix foncier est parmi les plus élevés du pays», rétorque Cécile Gonçalves.