Le président de Chega, André Ventura, a adressé ce mardi une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans laquelle il rappelle que l’article 6 de la Charte portugaise des droits de l’homme à l’ère numérique est capable de « créer une censure étatique inadmissible et qui n’existe pas dans le reste de l’Union européenne » et demande à l’exécutif communautaire de saisir la Cour de justice des Communautés européennes pour « violation expresse et notoire de la législation communautaire en vigueur » .

« Cette réglementation est également susceptible de porter atteinte à la liberté d’expression, à la liberté d’opinion et même au principe d’impartialité des entités publiques. Et cela peut aussi créer un contrôle abusif de l’État portugais sur les médias nationaux », lit-on dans la lettre envoyée par Ventura à Ursula von der Leyen.

L’initiative Chega a été annoncée le même jour que l’Assemblée de la République débattra de la Charte portugaise des droits de l’homme à l’ère numérique dans un ordre du jour de l’Initiative libérale, qui soumettra au vote un projet de loi visant à abroger son article 6. qui concerne la lutte contre la désinformation et fournit un soutien public aux entités de vérification des faits et des labels de qualité décernés aux médias.

Un projet de loi CDS-PP ayant la même finalité sera également présenté et voté, et un projet de loi PAN qui supprime dans l’article 6 les références aux labels de qualité et le soutien aux organismes de vérification des faits, se limitant à préciser que « l’État est tenu de promouvoir actions de formation et de sensibilisation des médias afin de promouvoir le respect des normes d’autorégulation pour lutter contre la désinformation ».

Enfin, un projet de loi PS ira également en plénière, qui vise à densifier l’article 6 de la Charte portugaise des droits de l’homme à l’ère numérique, établissant les caractéristiques des structures dédiées à la vérification des faits qui peuvent recevoir le soutien de l’État pour l’exercice exclusif ou majoritaire ces fonctions. Et dans laquelle le député José Magalhães, également auteur du document approuvé par l’Assemblée de la République et promulgué par le Président de la République, réitère que « c’est aux citoyens que la Charte donne des pouvoirs ».

La Charte portugaise des droits de l’homme à l’ère numérique a été approuvée sans voix contre, avec seulement les abstentions du PCP, du PEV, de Chega et de l’Initiative libérale.