Publiée aujourd’hui par l’Entité de régulation des médias (ERC), l’étude ‘A Rádio em Portugal. Une décennie d’intervention réglementaire » analyse l’évolution du secteur de la radio au Portugal au cours de la dernière décennie et souligne « une distribution asymétrique de la disponibilité de ce média dans les différentes régions du pays, comparant les plus grands centres de population avec des centres plus intériorisés, dépeuplés et les zones âgées ».

Pour tenter de résoudre ce problème, l’ERC « estime pertinent de procéder à une évaluation prospective et stratégique de la réorganisation du paysage radiophonique national ».

A cet effet, il rappelle « les possibilités déjà ouvertes par le régime juridique en vigueur pour la mise en œuvre de services de programmes régionaux, couvrant un ensemble de deux ou plusieurs communes contiguës (et zones limitrophes) ou, dans les régions autonomes, une île avec plus d’une commune. ».

Selon le régulateur, il sera également à l’avenir « fondamental de valoriser les petites structures, dans la mesure où elles remplissent un service public tangible et irremplaçable, à travers des mécanismes qui garantissent les conditions d’exercice de leur activité, comme un soutien public adéquat, tout en assurer une plus grande transparence dans le secteur ».

Selon l’analyse de l’ERC, l’intervention réglementaire sur une décennie « reflète le dynamisme du secteur, en particulier dans les premières années de validité du régime juridique actuel, avec un impact principalement sur les changements de domaine, les affectations, les modifications de projets et la transmission dans chaîne ».

Ainsi, entre 2011 et 2020, le Conseil de Régulation a approuvé 483 délibérations sur la radio, dont 96 portent sur des demandes de changement de domaine, 87 sur des modifications de projet, 36 sur des attributions de services de programmes, 28 sur des demandes d’associations et 26 sur des projets de partenariat.

Dans cette reconfiguration, l’ERC affirme qu' »un modèle de développement à deux vitesses est patent, comparant les grandes radios aux petites radios traditionnelles ».

En ce qui concerne les performances économiques et financières du secteur, l’étude a révélé qu’en 2019, les entités de radio disposaient de plus de 411 millions d’euros d’actifs, ce qui correspond à environ 30 % de l’ensemble du secteur des médias portugais. Sur ce montant, près de 320 millions correspondaient aux actifs de RTP (ne permettant pas aux informations financières disponibles de désagréger le segment radio).

« Ainsi, on peut dire que les actifs du segment des entités radio au Portugal, à l’exclusion de RTP, mais incluant les activités radio des grands groupes de médias nationaux ayant des investissements importants dans ce segment, tels que Global Notícias – Media Group (TSF) ), Grupo Media Capital (Rádio Comercial, M80, Cidade FM, Smooth FM, Vodafone) ou Rádio Renascença (Renascença, RFM, Mega Hits), a atteint 91 611 383,72 euros, soit environ 7% du total des actifs du secteur », lit-on dans l’étude.

L’analyse montre également que « les entités radio sont petites, tant en termes d’actifs que de revenus d’exploitation » : « En 2019, près de la moitié avaient des actifs inférieurs à 100 mille euros et plus de la moitié des revenus dans la même fourchette », explique-t-il. .

L’étude met également en évidence que « l’insertion d’un secteur d’activité lié à Internet représente une amélioration des résultats opérationnels moyens des entreprises », étant bien connu que « ceux qui ont des résultats opérationnels inférieurs, en termes moyens, opèrent en métiers qui n’intègrent pas de composante technologique ».

« Sachant que les résultats d’exploitation moyens ou EBITDA [resultados antes de impostos, juros, amortizações e depreciações] du secteur des médias dans son ensemble était de 84 mille euros, il apparaît qu’il existe plusieurs segments avec une présence radio en dessous des niveaux mondiaux, tous intégrant une ligne de périodiques », lit-on également dans l’ouvrage, selon lequel « on peut dire que le segment de la radio est une activité excédentaire, mais à faibles marges, où seuls quelques formats d’activité sont rentables et solides ».

Ainsi, « environ 62% des entités ont présenté des résultats nets positifs et 67% des résultats opérationnels ou EBITDA positifs », les entités ayant présenté des valeurs négatives, « la grande majorité (plus de 90%) étant des radiodiffuseurs monomédias ».

En termes de fonds propres, 24% des entités avaient des fonds propres négatifs, un chiffre en ligne avec les 25% d’entreprises portugaises dans la même situation calculées par la Central de Balanços do Banco de Portugal.

Et, si 76 % des entités radio avaient des fonds propres positifs, le fait est que la proportion des fonds propres à l’actif moyen était négative dans le total agrégé, « reflétant l’influence de la station de radio ».

PD // CSJ