L’audience qui évaluera la libération de l’ancien administrateur du BPP Paulo Guichard a lieu aujourd’hui à la Cour suprême de justice, et la décision du juge devrait être connue aujourd’hui ou ce vendredi.

L’ancien administrateur du BPP, Paulo Guichard, a été arrêté jeudi dernier à l’aéroport de Porto en provenance du Brésil.

Le même jour, la requête en « habeas corpus » (demande de libération immédiate pour illégalité de détention) a été déposée devant le tribunal, considérant l’avocat de Guichard, Nuno Brandão, que la détention est illégale.

L’audience publique dans le cadre de la demande d’habeas corpus de Guichard a lieu, donc, aujourd’hui, à 10h30, à la Cour suprême de justice, à Lisbonne.

Selon la défense de Guichard, dans le cadre de l’affaire Banco Privado Português (BPP), ce dernier « a toujours vécu au Brésil avec la connaissance des autorités judiciaires », qui étaient « toujours informées de son sort », lit-on dans la demande d’habeas corpus» auquel Lusa avait accès.

Après avoir découvert la fuite de João Rendeiro (un autre prévenu dans l’affaire BPP), et avant l’ordonnance du juge en charge du dossier de comparaître Guichard devant le tribunal, la défense a indiqué que l’ancien administrateur « a décidé de rentrer au Portugal » et c’est vrai, annoncé.

Jeudi matin de la semaine dernière, à son arrivée à Porto en provenance du Brésil, Guichard a été « détenu par des agents de la police judiciaire, conformément à une ordonnance de détention prise par le juge 22 du tribunal pénal central de Lisbonne ».

La défense a estimé que « la décision condamnatoire qui a infligé cette peine privative de liberté au requérant n’est pas devenue définitive, c’est pourquoi la privation de liberté dont fait actuellement l’objet le requérant est manifestement illégale », il demande donc la « libération immédiate » de Paulo Guichard.

Sont en cause les recours de Guichard alléguant une double condamnation (au volet administratif et au volet pénal), et un recours en constitutionnalité de la décision condamnatoire devant la Cour constitutionnelle est actuellement pendant.

Ainsi, l’habeas corpus considère que tant que cet appel est pendant, la condamnation ne peut être considérée comme définitive et le prévenu arrêté.

Guichard, 61 ans, de nationalité portugaise et qui a vécu plusieurs années à Rio de Janeiro (Brésil), a été condamné à une peine unique de quatre ans et huit mois de prison pour six délits de fraude informatique et un délit de falsification de bulletins, procès-verbaux ou documents. Il est actuellement détenu à l’établissement pénitentiaire de Custóias, à Matosinhos, dans le district de Porto.

L’effondrement de BPP, une banque dédiée à la gestion de patrimoine, a eu lieu en 2010, après l’affaire BPN et précédant d’autres scandales bancaires portugais.

Le BPP est à l’origine de plusieurs poursuites judiciaires portant sur des délits de fraude qualifiée, de falsification de documents et de contrefaçon informatique. Parmi les personnes condamnées dans le cadre de procédures liées au BPP figurent les anciens administrateurs Paulo Guichard, Salvador Fezas Vital, Fernando Lima et João Rendeiro, qui ont fui à l’étranger et dont on ne sait pas où se trouve. Guichard, Fezas Vital et Fernando Lima ont publiquement exprimé leur refus de la fuite de João Rendeiro de la justice.

MI // MSF

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