Dans le projet de résolution remis au parlement par le seul député libéral, João Cotrim Figueiredo, il est rappelé qu’en 2018 la Cour des comptes a réalisé un audit concernant «le processus de restauration du capital social de TAP SGPS (reprivatisation et rachat) examinant son la régularité et la sauvegarde de l’intérêt public, à la lumière du régime juridique applicable et des bonnes pratiques d’audit en matière d’opérations sur actions publiques ».

«Un audit est désormais proposé, dans le même sens, du processus de restauration du capital social de TAP SGPS qui a eu lieu en 2020 avec les décisions du Gouvernement en place», explique le député, dans l’exposé des motifs du projet de résolution , sans force de loi.

Dans la perspective de l’Initiative libérale, le gouvernement PS a profité de «la pandémie pour réaliser son rêve de nationaliser cette entreprise qui améliorait ses résultats».

«Dans toute l’Union européenne, la très grande majorité des États ont prêté de l’argent aux entreprises sous certaines conditions. Le gouvernement portugais, en revanche, a décidé de nationaliser la TAP, sans que les fondements financiers d’une telle décision n’aient été rendus publics », souligne-t-il.

João Cotrim Figueiredo rappelle que, pendant quatre mois, le parti a tenté par différents moyens pour le gouvernement de livrer le plan de liquidité qui «aurait justifié l’opération de nationalisation».

«Lorsque ce plan a finalement été livré, il se composait de seulement trois feuilles, avec deux graphiques et un tableau inscrits dessus. C’est donc sur la base de ces trois fiches, avec des prévisions qui ne s’étendent que jusqu’à fin 2020, que le gouvernement a décidé d’engager un montant important, en période de grave crise sanitaire et économique », condamne-t-il.

Pour l’Initiative libérale, il est également essentiel de comprendre comment le «montant final de l’aide à la TAP, pratiquement quatre milliards d’euros des contribuables» a été atteint.

Concernant le plan de restructuration, les libéraux veulent clarifier si l’exécutif socialiste «a violé ou non la loi en ce qui concerne la manière dont il a agi à l’égard des travailleurs de la TAP, qui se sont longtemps plaints de ne pas être entendus par le gouvernement».

Après cinq ans de gestion privée, la TAP est revenue en 2020 au contrôle de l’État, qui détient désormais 72,5% de son capital, après que la société a été gravement touchée par la pandémie de covid-19 et que la Commission européenne a autorisé des aides d’État à hauteur de 1200 millions d’euros à le transporteur national portugais.

Le 2 juillet, le ministre de l’Infrastructure, Pedro Nuno Santos, a annoncé, avec le ministre des Finances, João Leão, que le gouvernement était parvenu à un accord avec les actionnaires privés de la TAP, l’État détenant désormais 72,5% du capital de la compagnie aérienne (auparavant 50%), pour 55 millions d’euros, laissant David Neeleman hors de l’actionnariat.

Le plan a été remis à la Commission européenne le dernier jour de la date limite, le 10 décembre, et prévoit le licenciement de 500 pilotes, 750 membres du personnel de cabine, 450 techniciens de maintenance et d’ingénierie et 250 des autres zones.

Le plan prévoit également une réduction de 25% de la masse salariale du groupe (30% pour les personnes morales) et du nombre d’avions composant la flotte de l’entreprise, de 108 à 88 avions commerciaux.

Au total, d’ici 2024, l’entreprise devrait recevoir entre 3 414 millions d’euros et 3 725 millions d’euros.

JF (MPE) // SF