La Cour constitutionnelle (TC) a de nouveau jugé irrecevable le recours formé par João Rendeiro et Paulo Guichard dans le cadre de l’affaire Banco Privado Português (BPP), selon la décision publiée sur son site Internet.

Le TC a rappelé que « la décision sommaire maintenant réclamée (pages 18795-18801) concluait que les réclamations des appelants ne constituaient pas un objet sujet à inspection dans ce siège social, puisque, d’une part, la question de constitutionnalité soulevée par l’appelant A[…]à un sens normatif véritablement adopté par la Cour d’appel dans sa « ratio decidendi » ».

En outre, précise le tribunal, la première question de constitutionnalité soulevée par l’appelant B. portait sur « la déconstruction de l’application subsumentaire effectuée par le juge dans l’affaire spécifique, dans une tentative d’enquêter sur le jugement en soi » et « sa deuxième question n’avait pas de nature constitutionnelle, mais seulement une démission au niveau infra-constitutionnel, impliquant un désaccord sur les pouvoirs de connaissance de la Cour ‘a quo’ ».

Le TC a alors décidé, après analyse des motifs des recours, « de rejeter les deux demandes présentées et, par conséquent, de confirmer la décision sommaire n° 378/20 », dont Lusa a rendu compte le 8 juin.

Dans cette décision, le TC a indiqué que « le fond du recours ne peut être connu et, l’appréciation des autres hypothèses de recevabilité – étant donné la nécessité de sa vérification cumulative – étant vaine », concluant, « désormais, par son irrecevabilité », lit-on dans le document.

Ainsi, le TC a décidé « de ne pas connaître l’objet du recours déposé » tant par João Rendeiro que par Paulo Guichard.

Dans le document, la Cour rappelle que l’affaire, venant de la Cour suprême de justice, a fait l’objet de deux recours constitutionnels, déposés par d’anciens dirigeants de BPP, mais que le TC a jugé non recevables.

Le 14 mai, le tribunal a condamné João Rendeiro à 10 ans de prison, selon la lecture de la sentence au Campus de Justiça, à Lisbonne.

Le tribunal a également condamné Salvador Fezas Vital à neuf ans et six mois de prison, Paulo Guichard à également neuf ans et six mois de prison et Fernando Lima à six ans de prison.

Ces condamnations à des peines effectives pour les délits de fraude fiscale, d’abus de confiance et de blanchiment résultent d’un processus extrait du premier méga-processus de falsification de documents et de contrefaçon informatique, dont d’anciens administrateurs de BPP avaient déjà été condamnés (dont João Rendeiro, à cinq ans et huit mois de prison).

Rendeiro et d’autres anciens administrateurs du BPP ont été accusés de délits de fraude fiscale qualifiée, d’abus de confiance aggravé et de blanchiment d’argent pour des faits survenus entre 2003 et 2008, après avoir décerné des prix et détourné de l’argent bancaire.

Le tribunal a constaté que les prévenus João Rendeiro, Fezas Vital, Paulo Guichard et Fernando Lima ont retiré, au total, 31,280 millions d’euros pour leur sphère personnelle. Sur le montant total, plus de 28 millions d’euros ont été retirés entre 2005 et 2008.

João Rendeiro a pris 13,613 millions d’euros à la banque, Salvador Fezas Vital 7,770 millions d’euros, António Paulo Guichard 7,703 millions d’euros et Fernando Lima 2,193 millions d’euros.

L’effondrement de BPP, une banque dédiée à la gestion de patrimoine, a eu lieu en 2010, après l’affaire BPN et précédant d’autres scandales bancaires portugais.

ALYN/JGS (IM/LT) // CSJ