La prostitution a fait aujourd’hui l’objet de discussions à l’Assemblée de la République, dans un débat presque entièrement féminin où les différents partis ont reconnu qu’il s’agit d’une question complexe des droits de l’homme, mais ont rejeté la dépénalisation du proxénétisme.

Le point de départ de la discussion était une pétition qui prônait la « légalisation de la prostitution au Portugal et/ou la dépénalisation du proxénétisme, tant que ce n’est pas par la coercition », qui n’a trouvé le soutien d’aucun parti.

Pourtant, de gauche à droite de l’hémicycle, il y avait des considérations communes : la prostitution est une question complexe, dans laquelle les droits de l’homme sont en jeu, et pour laquelle, avant tout, des programmes de soutien sont nécessaires.

« Parler de prostitution, c’est parler d’une question très complexe, une question de droits humains qui touche principalement les femmes, mais touche aussi les enfants, les jeunes et les hommes », a commencé par dire la députée Lina Lopes, du PSD.

Partant du principe que « la prostitution a toujours existé et ne disparaîtra pas », le social-démocrate a émis des réserves quant à la dépénalisation du proxénétisme, mais a indiqué que le parti est disponible pour « étudier des évolutions législatives pour renforcer les moyens de lutte contre la prostitution forcée » et de régulation de l’activité.

Reconnaissant également la nécessité d’approfondir la discussion, Joana Sá Pereira, du PS, a critiqué la pétition, qui défend la « légalisation de la prostitution au Portugal et/ou la dépénalisation du proxénétisme, tant que ce n’est pas par la coercition », mais a souligné l’engagement du parti dans la lutte contre « la prostitution des personnes contraintes à cette pratique ».

« Nous renforçons notre lutte contre les phénomènes de trafic sexuel, mais nous considérons la lutte contre les causes de la prostitution comme tout aussi importante, nous permettant d’identifier les facteurs de pauvreté et d’exclusion sociale qui, malgré l’option apparemment gratuite, révèlent une situation de dépendance ou même le désespoir qui poussent dans cette voie », a-t-il ajouté.

La pétition qui a conduit le Parlement à cette question aujourd’hui défend la réglementation de la prostitution, qui au Portugal n’était pas un crime, mais n’est pas non plus reconnue comme une activité professionnelle, mais propose également la dépénalisation du proxénétisme.

C’est le point principal qui a attiré les critiques de plusieurs députés, dont Joana Mortágua, de BE, qui a précisé la position du parti : « Tout comme nous ne croyons pas aux modèles prohibitionnistes (…) qui exploitent le travail sexuel des autres ».

A l’autre bout de l’hémicycle, la députée de l’IL Patrícia Gil Vaz a également pris position contre le proxénétisme, mais a appelé les autres partis à collaborer pour trouver une solution permettant de mettre fin au caractère clandestin de la prostitution.

Du côté de Chega, Rita Matias a attiré l’attention sur les conditions qui conduisent les gens, en particulier les femmes, à choisir la voie de la prostitution et a défendu la création de programmes qui soutiennent la sortie, d’une part, et empêchent l’entrée.

Paula Santos, du PCP, a également pointé des mesures allant dans le même sens comme solution, appelant au « courage de mettre fin à l’exploitation de la prostitution, de faire face aux intérêts de ceux qui en profitent ».

Inês de Sousa Real, du PAN, a refusé « les réponses hâtives qui s’interposent entre tout et rien, régulation et abolitionnisme » et Rui Tavares, l’unique député de Livre et seule voix masculine dans le débat, a souligné la nécessité de combattre ce il a dit que c’était un système d’exploitation, défendant d’autre part ceux qui se prostituaient.

Dans la tribune, des dizaines de femmes ont écouté ce que les députés avaient à dire sur la pétition en discussion, mais pas toutes côte à côte, car outre les pétitionnaires, il y avait aussi des dizaines de représentantes d’associations de défense des droits des femmes .

A l’issue de la discussion, déjà concentrée à l’Assemblée de la République, ils ont exprimé leur déception face aux déclarations des différentes parties, jugeant incompréhensible que même la réglementation de la prostitution soit envisagée.