Le Front commun des syndicats de l’administration publique a jugé aujourd’hui « inacceptable » la réquisition civile des inspecteurs du Service des étrangers et des frontières (SEF) dans les aéroports, qui adhèrent à la grève prévue pour juin, définie par le gouvernement.

«Le Front commun des syndicats de l’administration publique considère comme inacceptable la réquisition civile des inspecteurs du SEF, imposée par le gouvernement pour restreindre le droit de grève de ces travailleurs dans la lutte pour leur participation au processus de restructuration du SEF», dit-il dans un communiqué.

Le syndicat rappelle que le droit de grève prévu par la Constitution de la République portugaise n’est pas limité, même dans l’état actuel de calamité en vigueur, du fait de la situation pandémique.

«Le gouvernement ne peut plus imposer la réquisition civile et remettre en cause le droit de grève des travailleurs de la SEF, encore plus lorsqu’il s’agit de protéger, simplement, les intérêts économiques liés au tourisme», dit-il.

Selon le Front commun, le manque de volonté du gouvernement d’impliquer les travailleurs de la SEF dans le processus de restructuration et la tentative de lui imposer sa volonté exclusive, «correspond à ce qui a été le comportement de l’exécutif à l’égard des employés de l’administration publique, en auquel le droit de négociation collective pour la réglementation des relations de travail est systématiquement refusé ».

«La participation des travailleurs et de leurs organisations syndicales représentatives, au processus de restructuration du SEF, est essentielle pour faire en sorte qu’elle corresponde aux besoins réels des Portugais et du Pays et non à un simple processus de distribution des compétences par diverses entités et de démantèlement des SEF lui-même », ajoute-t-il.

La résolution du Conseil des ministres qui procède à la réquisition civile des inspecteurs du Service des étrangers et des frontières (SEF) dans les aéroports, qui adhèrent à la grève prévue pour juin, a été publiée dimanche soir à Diário da República.

La résolution, qui « prend effet immédiatement », reconnaît « la nécessité de procéder à la réquisition civile des travailleurs dans la carrière d’enquête et d’inspection du Service des étrangers et des frontières qui travaillent aux postes frontières, conformément à la grève déclarée par l’Union des inspecteurs. . d’enquêtes, d’inspection et de frontières aux jours et heures mentionnés dans les avis de grève préalables respectifs ».

Ainsi, il autorise «le ministre d’État, de l’Économie et de la Transition numérique, le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Infrastructure et du Logement à procéder, sous forme d’ordonnance, à la réquisition civile des travailleurs […], par étapes ou en une seule fois, selon les besoins ».

Le syndicat SEF des enquêteurs, inspecteurs et inspecteurs des frontières du SEF a mis en place un cycle de grèves pour juin, à partir de la semaine prochaine, contre l’intention du gouvernement « d’éteindre le SEF ».

Dans le document, il est rappelé que «dans le contexte actuel, en plus des tâches habituelles des travailleurs qui travaillent aux postes frontières, la vérification des certificats pour la réalisation des tests covid-19 RT-PCR, ainsi que la vérification de l’origine des passagers afin d’évaluer la nécessité d’un isolement prophylactique pendant une période de 14 jours et, dans l’affirmative, procéder à la notification nécessaire de cette obligation ».

Le gouvernement considère que «la sauvegarde de la sécurité nationale, la nécessaire préservation de la sécurité intérieure et le contrôle adéquat de la situation pandémique, nécessitent le fonctionnement exigeant des postes frontières».

«En ces termes, ces fonctions sont essentielles par nature et visent à satisfaire des besoins sociaux impératifs», justifie-t-il.

Pour le gouvernement, si la grève des travailleurs du SEF dans les aéroports se produisait, «cela mettrait en péril la maîtrise de la pandémie et constituerait un effet dissuasif de l’arrivée de touristes étrangers, mettant en péril la possibilité de reprise économique grâce au tourisme, empêchant la reprise attendue de ce secteur ».

Bien que «des services minimaux aient été convenus», le gouvernement fait valoir que «ceux-ci se révèlent de manière superflue comme n’étant pas dimensionnés pour répondre de manière adéquate à la situation exceptionnelle» évoquée, «ni ne permettent d’assurer le fonctionnement régulier des services essentiels d’intérêt public».

Jeudi, le ministre de l’Administration interne, Eduardo Cabrita, a déclaré au parlement, lors du débat sur la restructuration du SEF marqué au regard d’un projet de résolution du CDS-PP, que la réquisition civile, a décidé ce jour-là au Conseil de Ministres, avait été demandée par le gouvernement régional de Madère et par la majorité des maires des zones touristiques « pour des raisons de sécurité nationale ».

Eduardo Cabrita a jugé la grève «absolument inacceptable et irresponsable» annoncée par l’un des syndicats du SEF.

«La grève est une atteinte grave à la sécurité nationale, elle est inacceptable dans le contexte d’une situation calamiteuse dans laquelle il appartient également au SEF de vérifier les conditions de sécurité sanitaire, à savoir si les citoyens arrivant au Portugal ont ou non les tests de diagnostic covid. . -19 », a-t-il souligné.

Le même jour, Eduardo Cabrita a annoncé que le diplôme organique qui créera le nouveau Service des étrangers et de l’asile (SEA), qui succédera au SEF, sera approuvé d’ici la fin du premier semestre de cette année.

ICO (JRS / CMP / FM) // JNM