Le nombre d’admissions sociales dans les hôpitaux est en baisse, mais les 853 lits occupés sans justification clinique en mars représentaient un coût de plus de 16 millions d’euros et étaient principalement dus au manque de places dans les institutions sociales.

Les informations figurent dans la 5e édition du Baromètre des internements sociaux, promue par l’Association portugaise des administrateurs d’hôpitaux (APAH), qui rapporte les données collectées le 17 mars – alors que le Portugal était à la fin de la troisième vague de covid-19 – et comprend 43 unité du service national de santé (SNS) et du service régional de santé de Madère.

Les 853 cas d’hospitalisations inappropriées rapportés à cette date représentent une baisse de 45% par rapport à la 4e édition du baromètre, en février 2020, et correspondaient à 5,4% du total des hospitalisations dans le pays à la mi-mars, soit 15675.

Dans la 4e édition du baromètre, 1 551 hospitalisations inappropriées ont été signalées, ce qui correspond à 8,7% du total des hospitalisations et à près de 120 000 jours d’occupation injustifiée de lits d’hôpitaux.

Les 853 hospitalisations pour raisons sociales en mars ont eu une durée moyenne de 33,6 jours, soit une réduction de 57% par rapport à février 2020 (avec une moyenne de 77,4 jours), et ont représenté environ 29 mille jours d’occupation.

Selon les estimations présentées sur le baromètre, les cas d’hospitalisation pour raisons sociales déterminés en mars représentaient un coût de 16,3 millions d’euros pour l’Etat, mais dans une extrapolation à un coût annuel, ces lits occupés pour des raisons sociales peuvent représenter un coût de plus de 100 millions d’euros.

Pourtant, du fait de la réduction du nombre de lits occupés par des enjeux sociaux par rapport à ceux identifiés dans l’édition 2020, le coût est bien en deçà des près de 47 millions d’euros qui ont coûté les 1551 hospitalisations inappropriées en 2020.

En plus des 853 hospitalisations inappropriées dans les services d’hospitalisation médico-chirurgicale, il y a 159 hospitalisations sans justification clinique dans les unités psychiatriques, ce qui représente 26% du total des 614 hospitalisations dans ces unités.

L’absence de réponse du Réseau national de soins continus intégrés (RNCCI) et des Structures résidentielles pour personnes âgées (ERPI) sont les principales causes qui justifient les admissions sociales, avec l’incapacité de garantir les admissions au RNCCI pour gagner un pourcentage croissant de poids dans ces admissions dans les trois dernières éditions du baromètre.

L’abandon, qui était la deuxième cause principale d’hospitalisations inappropriées en 2019 et 2020, a été remplacé à ce poste cette année par l’absence de réponse des ERPI, qui a provoqué 18% des hospitalisations sociales en mars.

L’absence de réponse du RNCCI ressort également dans une analyse régionale comme la cause principale, mais il existe des exceptions comme l’Algarve, où 38% des admissions sociales concernent des enfants et des jeunes en attente de décisions judiciaires ou la Commission pour la protection de l’enfance. et les jeunes; ou Alentejo, où l’incapacité de répondre par la famille et les soignants a un poids égal (29%) en attente d’une place au RNCCI.

Dans l’ensemble des hospitalisations inappropriées, les régions de Lisbonne, Vale do Tejo et Norte représentent environ 75% de ces cas, la région Nord étant à elle seule responsable de près de la moitié des admissions sociales (420, soit 49% du total).

Dans la caractérisation des patients en hospitalisation inappropriée, les hommes sont le sexe le plus représenté (51%) et la majorité (77%) a plus de 65 ans.

«Le phénomène des hospitalisations sociales a un impact important sur la prolongation de l’occupation des lits en milieu hospitalier, mais aussi sur l’augmentation des temps d’attente pour les hospitalisations programmées et, par conséquent, sur la dégradation respective des soins de santé», indique le communiqué accompagnant le patients, résultats du baromètre.

Il ajoute que l’objectif de ce baromètre est «de suivre et de caractériser ce phénomène critique dans le système de santé portugais et de renforcer l’importance de développer des solutions communes entre les différentes entités impliquées, afin de minimiser les impacts et d’améliorer les services de santé fournis aux les Portugais. ».

IMA // ZO