Le Parlement discutera mercredi d’une pétition pour la légalisation de la prostitution au Portugal et/ou la dépénalisation du proxénétisme, tant qu’il n’est pas contraint. La proposition, qui prône « une réglementation et une législation relatives à la profession la plus ancienne du monde », est entrée au Parlement en 2020 avec 4 1004 signatures (maintenant, avec le changement de législation, il en faut au moins dix mille et elle n’en compte que 5 192).

Le document propose que la prostitution soit considérée comme un métier avec des remises et des avantages sociaux comme tout autre travail et qu’elle soit classée professionnellement comme « Divertissement pour adultes » aux fins d’un reçu vert délivré quotidiennement en fonction du montant obtenu. De plus, il souhaite que l’âge minimum soit fixé à 21 ans et que l’obligation d’être légal au Portugal soit instituée, sous peine de sanction pour les femmes et pour les « Maisons » qui les acceptent. Il préconise également l’exigence de tests médicaux tous les six mois.

Même si la prostitution n’est pas légalisée, la proposition veut que le proxénétisme (également appelé proxénétisme) soit décriminalisé. A l’occasion de la journée internationale de la prostituée, il est prévu que la Pétition n° 18/XIV/1.ª recevra le « non » des députés.

Lors de l’audition, le 4 juin 2020, par la Commission des affaires constitutionnelles, des droits, des libertés et des garanties de l’Assemblée de la République des deux premières pétitionnaires, Ana Loureiro et Ana dos Santos, plusieurs associations de défense des femmes ont protesté contre la proposition .

La Plate-forme portugaise pour les droits des femmes (PpDM) soutient que la « pétition est en violation expresse de la Constitution » et que « l’État est constitutionnellement tenu de promouvoir l’élimination du système de prostitution au Portugal », donc une réglementation n’est pas logique. .

« Les notions de « travailleur du sexe » et de « services sexuels » ne peuvent pas faire partie du système juridique portugais compte tenu des obligations internationales de l’État portugais », indique-t-il. Plusieurs sujets concernent PpDM. L’une d’entre elles est l’exploitation économique par des tiers, qui « comporte des risques intolérables, compte tenu des contextes sociaux de la prostitution, dans l’autonomie et la liberté de l’agent qui se prostitue (le mettant en danger), dans la mesure où elle correspond à l’usage de une dimension spécifiquement intime de l’autre non pour ses propres fins.

Bref, des questions qui posent la dignité, la liberté et la sécurité de la personne concernée seront en jeu.

Aussi Rede 8 de Março considère que la proposition « ne profite en rien aux personnes, majoritairement des femmes, qui sont dans l’industrie du sexe, et au contraire permet un business rentable à leurs dépens » et rappelle qu’ « au Portugal, la prostitution est décriminalisée, c’est-à-dire que son exercice n’est pas un crime, ni son achat ». Ainsi, « la loi ne criminalise que le proxénétisme, c’est-à-dire l’obtention de son propre profit par l’exploitation des services sexuels d’autrui, crime aggravé en cas de contrainte ou de violence (Code pénal, art. 169) », cite-t-il.

Les pétitionnaires proposent également « la persécution des femmes migrantes, car les seules personnes qui devraient être couvertes par la loi seraient les citoyens portugais », souhaitant « que la police joue un rôle important dans la réglementation et le contrôle de la prostitution et de ses » conditions de travail  » , ce qui manque de justification, car au Portugal c’est l’ACT qui réglemente le lieu de travail et les droits des travailleurs », indiquent-ils.

« Enfin, nous croyons qu’en tant que féministes, nous ne pouvons jamais accepter l’exploitation économique des femmes par d’autres, la violence exercée sur nous et le contrôle de nos corps. Sans parler du fait que les proxénètes font des affaires très rentables avec notre autodétermination sexuelle », concluent-ils.