La Cour constitutionnelle a donné son accord au ministère public dans le processus par lequel elle demande l’invalidation des amendements aux statuts de Chega lors du congrès d’Évora en septembre 2020, considérant que la convocation ne le permettait pas.

« Il a été décidé de rejeter la demande d’annotation des amendements aux statuts du parti Chega approuvés dans sa Convention nationale des 19 et 20 septembre 2020 », écrivent les juges.

La décision de la Cour constitutionnelle intervient après que le ministère public a demandé aux juges du palais de Ratton de ne pas enregistrer les modifications statutaires introduites par Chega en septembre 2020, dans la Convention nationale d’Évora, puisque la convocation à la réunion n’indiquait pas que les modifications apportées au parti les statuts seraient votés.

En accord avec le ministère public, la Cour constitutionnelle souligne que le Congrès d’Évora correspondait « nécessairement à une réunion extraordinaire » dans laquelle, compte tenu de cette nature et de ce qui est stipulé dans les statuts de Chega, des modifications statutaires n’auraient pu être apportées que si cette raison avait été identifiée dans l’appel.

Selon la Cour constitutionnelle, « ni la délibération de la Direction nationale concernant la tenue d’une telle convention », « ni la convocation », « ne comporte aucune indication que, lors de la réunion en question de la Convention nationale, des propositions d’amendements à la les statuts seraient discutés et votés en vigueur ».

« Dans ces conditions, la conclusion du ministère public dans sa promotion est certaine, compte tenu de ce que cette Cour peut vérifier, d’après les statuts et les documents contenus dans le dossier : ‘Les militants engagés convoqués à cette réunion extraordinaire ignoraient qu’il était en outre destiné à délibérer sur la modification des statuts du parti », lit-on dans l’arrêt.

La Cour constitutionnelle décide ainsi « de rejeter l’annotation requise des amendements aux statuts du Parti Argue approuvés dans sa Convention nationale des 19 et 20 septembre 2020 ».

Avec cette décision, les amendements aux Statuts introduits par Chega lors du congrès d’Évora sont donc invalidés, le parti continuant à être régi par les statuts approuvés lors de la 1ère Convention nationale de Chega, en juin 2019.

Au total, cinq motions visant à amender les statuts ont été approuvées lors de la Convention nationale d’Évora.

Parmi les changements, outre le changement du mode d’élection du chef du parti – qui a été élu « au suffrage direct au suffrage libre de tous les membres », au lieu d’être élu par la Convention nationale du parti – et la Convention nationale – qui a été élu à la majorité simple, au lieu des deux tiers -, de nouveaux organes ont également été créés, désormais illégaux.

Parmi les organes créés figurent la Juventude do Chega, le Comité d’éthique – chargé d’imposer la dite « loi liège » et la suspension temporaire des militants du parti – et les postes de secrétaire général et de secrétaire général adjoint, en charge de représenter le président du parti « aux côtés des structures régionales, départementales et locales du parti, ainsi que d’en assurer la gestion quotidienne dans ses divers aspects administratifs, juridiques, financiers et institutionnels ».

Tous ces organes, ainsi que leurs décisions et actions, deviennent désormais illégaux et invalides.

Dans une interview à Renascença le 16 septembre, le leader de Chega, André Ventura, a reconnu que le processus du ministère public était une « situation difficile » et que, si la Cour constitutionnelle donnait raison au ministère public, le parti serait « obligé de faire un congrès extraordinaire », ce qui serait « logistiquement et politiquement inapproprié » pour Chega.

AT // FPA

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