Intersindical a été reçue jeudi par la commission parlementaire du travail, de la sécurité sociale et de l’inclusion, à laquelle elle a présenté son propre avis sur le projet de loi 15/XV/GOV modifiant la législation du travail, « après avoir rendu plusieurs centaines d’avis rejetant ce projet de loi, ( …) approuvés par les travailleurs lors des séances plénières, des réunions des comités et organes syndicaux des différentes structures syndicales de tous les secteurs d’activité et de tout le pays ».

« Les travailleurs, la CGTP-IN, rejettent cette proposition de loi du gouvernement car, non seulement elle ne répond pas aux demandes d’abrogation des règles onéreuses de la législation du travail – ce qui en soi conduit à l’aggravation de la situation des travailleurs -, mais aussi introduire des aspects qui aggravent encore le déséquilibre des relations de travail en faveur des employeurs », a déclaré la centrale dans un communiqué.

Pour l’Inter, les changements proposés « sont clairement insuffisants pour résoudre les énormes problèmes auxquels les travailleurs sont confrontés au quotidien dans les entreprises, à savoir l’instabilité et l’insécurité résultant de la précarité de leurs relations de travail, la détérioration de leur qualité de vie et l’impossibilité de concilier vie personnelle et familiale et vie professionnelle du fait de la désorganisation et de la déréglementation du temps de travail et des exigences d’un temps de travail de plus en plus long ».

« A ces problèmes, il y a aussi les bas salaires, avec le blocage de l’employeur à la négociation collective, qui font qu’une grande majorité de travailleurs continue à vivre dans la pauvreté ou la privation matérielle », a souligné la centrale.

Selon la CGTP, la proposition du gouvernement « consiste simplement à atténuer ou à atténuer certains des effets néfastes de la réglementation actuelle, sans jamais résoudre efficacement les problèmes à leur source ».

Pour que le projet de loi contribue réellement à l’amélioration des droits des travailleurs, selon l’Inter, il serait essentiel qu’il inclue notamment l’abrogation du régime d’expiration et de survie de la négociation collective, le rétablissement intégral du principe de plus traitement de faveur, la réduction du temps de travail à 35 heures par semaine et la limitation des critères de licenciement collectif et de cessation d’emploi.

« Sans ces changements, ‘l’agenda du travail décent’ que le gouvernement entend approuver sera toujours irrémédiablement incomplet et, en tant que tel, ne répond pas aux objectifs visés », a-t-il estimé.

Avec la remise des avis au parlement, la CGTP entend que « dans le cadre de la discussion au sein de la commission parlementaire, des changements soient introduits qui garantissent la réalisation des droits et la valorisation du travail et des travailleurs ».

RRA // EA