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Des organisations catholiques appellent à des «salaires équitables» pour vaincre la pauvreté

« Nous avons vérifié comment le salaire que reçoivent de nombreux travailleurs portugais ne leur permet pas, ainsi qu’à leurs familles, de surmonter une situation de pauvreté en tant que privation des ressources nécessaires à une vie digne dans le contexte social actuel », indique le document présenté à l’assemblée annuelle conférence de la Commission nationale Justice et Paix (CNJP), qui s’est tenue aujourd’hui à Lisbonne.

Le manifeste est signé par Ação Católica Rural, Association chrétienne des entrepreneurs et des gestionnaires, Cáritas Portuguesa, Commission nationale pour la justice et la paix, Jeunesse des travailleurs catholiques, Ligue des travailleurs catholiques – Mouvement des travailleurs chrétiens et Mouvement des professionnels catholiques.

S’appuyant sur la doctrine sociale de l’Église, les organisations adhérentes soulignent qu’au Portugal, il existe des situations de pauvreté chez « un grand nombre de travailleurs qui gagnent le salaire minimum, et le salaire moyen n’en est pas loin non plus ».

« Changer au plus vite cette réalité doit être un objectif prioritaire qui mobilise les entreprises, la société civile et les autorités politiques », défend le manifeste, notant que la situation des bas salaires « coexiste avec des salaires très élevés, générant des inégalités sociales accentuées ».

Après avoir estimé que « tous les efforts et politiques » qui évitent ces inégalités salariales sont à saluer, les organisations catholiques prônent également un engagement pour la formation professionnelle des travailleurs, mais alertent sur l’importance de rémunérer équitablement les travailleurs jugés moins qualifiés.

« Le contexte de pandémie que nous vivons ces dernières années nous a rappelé la fonction sociale indispensable des professions habituellement mal rémunérées », souligne le document, pointant des exemples de travaux agricoles, de nettoyage urbain, d’aide domestique, de soins de santé et aux personnes âgées, action éducative, commerce et restauration.

Le manifeste renforce également que les « valeurs basses » protocolées par l’État aux institutions de solidarité sociale conduisent au maintien de bas niveaux de rémunération de ses travailleurs et à la non-reconnaissance de la pertinence sociale de leurs fonctions.

En outre, les organisations soulignent que, dans bon nombre de ces professions, en raison du manque de main-d’œuvre disponible dans le pays, des travailleurs immigrés sont utilisés, « parfois par le biais d’une sous-traitance qui ne garantit pas leurs droits fondamentaux ».

Les signataires reconnaissent que l’appréciation des salaires des travailleurs est liée à une productivité accrue, mais soulignent qu’elle dépend aussi de la décision de partager les revenus, l’attribution objective d’une plus grande part de ces revenus au travail.

Dans ce document, les sept organisations expriment leur engagement à faire leur part pour que le « plan national prioritaire » se réalise, pour que « ceux qui travaillent puissent gagner des salaires permettant de vaincre la pauvreté et de favoriser l’épanouissement intégral de chaque personne ». et de chaque famille ».

Plus de 50 % des travailleurs percevaient des salaires inférieurs à 1 000 euros en 2022, un pourcentage qui monte à 65 % dans le cas des jeunes de moins de 30 ans, selon les données du ministère du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale récemment publiées.

Selon le document élaboré par le Bureau de la stratégie et de la planification (GEP) du ministère du Travail, présenté au Concert social, l’année dernière, 56% des travailleurs au Portugal ont reçu un salaire inférieur à 1 000 euros, un pourcentage qui se compare à 72 % en 2015.

Chez les jeunes, 65 % ont reçu moins de 1 000 euros en 2022, contre 84 % en 2015.

Le salaire moyen des travailleurs avec rémunération déclarée à la Sécurité sociale était de 1 269,34 euros l’an dernier, 29 % supérieur à la valeur de 2015, tandis que pour les jeunes (jusqu’à 30 ans), le salaire moyen était de 1 037,57 euros, 40 % de plus par rapport à 2015.

PC (DF) // FPA

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