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COP27 : Ne rien faire, c’est aller vers une catastrophe environnementale, selon Duarte Cordeiro

Dans une interview accordée à Agência Lusa au sujet de la 27e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27), qui réunira des représentants de près de 200 pays dès dimanche à Charm el-Cheikh, en Égypte, et à laquelle il participera, Duarte Cordeiro garantit que ce n’est pas le moment de vaciller et que tout doit être fait pour éviter que le réchauffement climatique ne dépasse 1,5 degrés Celsius (ºC) au-dessus des valeurs moyennes de l’ère préindustrielle, comme convenu à Paris en 2015.

Parce que la COP27 est destinée à débattre du changement climatique et de la lutte contre le réchauffement climatique, alors que les catastrophes naturelles résultant de ce réchauffement se multiplient, Duarte Cordeiro insiste sur le fait que le prix à payer pour ne pas agir maintenant sera très élevé à l’avenir.

« Il faut aussi prendre conscience que ne rien faire, c’est aller vers une catastrophe environnementale », prévient-il.

Le ministre reconnaît que la conférence d’Égypte est une conférence intermédiaire, qui a pour objectif de prolonger le dialogue établi l’an dernier, lors de la COP26, à Glasgow, au Royaume-Uni, mais ne s’en dérobe pas pour autant.

La COP27, rappelle-t-il, abordera les questions d’atténuation, d’adaptation, de financement et de dialogue sur la compensation des pertes et dommages en relation avec les pays les plus touchés par le changement climatique.

Duarte Cordeiro reconnaît qu’en ce qui concerne l’atténuation, sous la forme d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), on craint que la guerre en Ukraine et les conséquences qui se traduisent par une crise énergétique, une inflation et une crise alimentaire, ne conduisent à une « moins l’ambition des pays » par rapport aux objectifs de l’Accord de Paris.

Mais il dit que le Portugal et l’UE devraient réaffirmer les politiques et les objectifs qui pourraient conduire aux objectifs de Paris.

« Nous, l’UE, avons la perspective que nous ne devons pas revenir sur les objectifs qui sont établis et que du côté de l’atténuation, il doit y avoir une réaffirmation des objectifs des parties, en l’occurrence les objectifs nationaux qui sont supposés. Ainsi l’UE, dans le cadre du Conseil des ministres de l’environnement (qui s’est tenu la semaine dernière) a affirmé une position de maintien d’ambition et de recherche de correspondance avec les objectifs fixés », précise le ministre.

« A la COP27, en termes d’atténuation, je pense qu’il est essentiel d’actualiser les engagements nationaux, et avoir cet engagement d’actualiser (des réductions de GES) est crucial », ajoute-t-il.

L’UE, qui a l’un des « engagements les plus ambitieux », garantit, fera sa part.

Duarte Cordeiro rappelle le « Fit to 55 » (Goal 55), un paquet européen visant à réduire les émissions de GES de 55 % d’ici 2030, affirme que le Portugal est aligné sur cet objectif, ajoute qu’il cherchera même à anticiper les objectifs, notamment sur l’énergie , souhaitant que 80 % de l’énergie produite provienne de sources renouvelables dès 2026 et non 2030 et affirme que du côté de l’UE, l’esprit est le même, celui de ne pas reculer face à la crise énergétique.

Le ministre renforce ses propos, citant des rapports récents des Nations Unies, selon lesquels l’effort de réduction des émissions de GES ne suffit pas et que l’humanité, avec les mesures actuelles, se dirige vers une augmentation de la température à la fin du 19ème siècle 2,8 ºC, avec les impacts que cela aura à l’échelle mondiale.

« Il faut assumer des ambitions et ne pas reculer sur des ambitions. L’UE a été l’une des régions du monde avec la plus grande ambition en matière de politiques environnementales et en particulier en termes de réduction des émissions. L’appel sera d’assumer ces ambitions. Il est important de comprendre les conséquences de ne rien faire ou de revenir en arrière sur les objectifs environnementaux que nous nous sommes fixés. Nous ne sommes pas en situation de ne rien faire. Le maintien des objectifs ou l’augmentation de l’ambition a des conséquences, y compris l’impact du changement climatique. Un rapport d’Eurostat parle de 145 milliards d’euros d’impact du changement climatique au cours de la dernière décennie », indique le ministre.

Sur ce qui peut sortir de la COP27, il ajoute qu’il est « absolument crucial que les engagements se matérialisent, qu’il y ait une mise à jour » de ces engagements, et que l’UE se doit de montrer l’exemple.

Et s’il y a cette « preuve » que si rien n’est fait les catastrophes vont devenir de plus en plus grosses, la COP27 aura aussi comme thèmes majeurs l’adaptation et le financement.

Et dans ce soutien aux pays moins développés pour s’adapter au changement climatique, Duarte Cordeiro souligne également le rôle du Portugal, l’engagement pris à Glasgow pour soutenir l’atténuation et aussi l’adaptation. Et il y a, rappelle-t-il, l’engagement des pays riches à financer la lutte des plus pauvres contre le réchauffement climatique à hauteur de 100 milliards de dollars par an, avec la nécessité de réaffirmer cet engagement, qui n’a pas encore été mis en œuvre.

Le Portugal, ajoute le ministre, répartit les financements supposés jusqu’en 2030, quatre millions d’euros par an, entre l’atténuation et l’adaptation. Et il étudie la possibilité de renforcer ce soutien.

« Nous travaillons à approfondir le renforcement du financement, par le dialogue avec certaines institutions financières internationales », telles que la Banque mondiale, afin que « tout financement supplémentaire que le Portugal pourrait ajouter puisse mobiliser des financements internationaux et qu’il soit dédié et mis en œuvre conformément aux objectifs des pays en développement », a-t-il expliqué.

Le ministre a également souligné le soutien du Portugal à une initiative de l’ONU visant à créer un système d’alerte précoce aux catastrophes climatiques, « également essentiel en termes d’adaptation et de préparation, pour éviter les conséquences liées aux catastrophes naturelles ».

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