La Confédération des entreprises du Portugal (CIP) a défendu aujourd’hui que ce n’est qu’avec la «participation active» des entreprises qu’il sera possible de réaliser la «grande ambition» de mettre en œuvre le Plan de relance et de résilience (PRR).

Dans un communiqué, l’entité a souligné « la nécessité pour le Gouvernement de passer rapidement du plan à la mise en œuvre », le jour où le Conseil Ecofin a approuvé les 12 premiers plans de relance et de résilience, dont celui du Portugal, qui dans les semaines à venir recevoir le premier décaissement du « gâteau » global de 16,6 milliards d’euros.

« Au cours des neuf prochaines années, le Portugal devra exécuter, en moyenne, plus de six milliards d’euros par an de fonds européens, dont le PRR, contre les trois milliards qui ont été mis en œuvre dans les meilleures années », a rappelé l’organisation, soulignant que c’est « une grande ambition qui ne sera réalisable que si elle compte sur la participation active des entreprises ».

« Les critiques que la CIP a eu l’occasion d’adresser au PRR sont bien connues », a rappelé l’organisation, assurant que « le Portugal se compare mal à plusieurs États membres dans la priorité donnée aux entreprises dans la conception de leurs plans ».

« Par exemple, en ce qui concerne le soutien à la transition numérique, l’Italie alloue à la numérisation des entreprises plus du double du montant alloué à la numérisation de l’administration publique (13,4 et 6 milliards d’euros, respectivement), contre un peu plus de la moitié au Portugal (650 millions d’euros et 1 251 millions d’euros, respectivement) », lit-on dans la même note.

En outre, a indiqué la CIP, « contrairement à d’autres pays, comme la Grèce, qui ont décidé de baisser le taux d’imposition des sociétés afin de relancer la reprise économique, le Portugal a fait preuve d’une grande résistance pour déclencher une politique budgétaire et engager des réformes dans ce domaine », en outre aux investissements qu’entraînera le PRR.

Selon l’organisation, la décision prise aujourd’hui « inaugure une nouvelle phase » dans laquelle « le Portugal passera du plan de discussion à la phase de mise en œuvre ».

« En ce sens, il faut immédiatement mettre sur le terrain les instruments de capitalisation des entreprises tant promis », ainsi que « les exécuter avec transparence, avec des processus de sélection ouverts, avec des critères de sélection adéquats et connus dès le départ », selon à la déclaration.

La CIP a également défendu qu' »il est nécessaire d’ajuster les procédures et le fonctionnement des structures à la réalité des entreprises et de leurs besoins » et « associer les investissements prévus à des réformes qui créent un environnement des affaires plus favorable à la relance industrielle et à la compétitivité des entreprises ».

« Les destructions causées par la pandémie et par les mesures qui restreignent encore la liberté d’action des entreprises et des personnes » placent « le Portugal dans une situation d’extrême fragilité économique et financière », a déclaré António Saraiva, président de la CIP, cité dans le même communiqué. Remarque.

« Pour que cet investissement extraordinaire soit couronné de succès et ne soit pas une nouvelle opportunité gâchée, qui serait terrible pour les Portugais, il est essentiel que le Gouvernement descende du piédestal et implique réellement les entreprises », a prévenu le dirigeant de l’association, soulignant que « l’ancienne politique il ne sert pas les moments difficiles » que l’on vit.

Réunis à Bruxelles, les ministres des finances de l’UE ont formellement approuvé, sans surprise, le premier paquet de plans formulés par les États membres et déjà validés par la Commission européenne pour accéder aux fonds du plan de relance « NextGenerationEU », donnant leur feu vert – le soi-disant « Décision d’exécution du Conseil » – aux PRR du Portugal, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, de la Slovaquie, de l’Espagne, du Danemark, de la France, de la Grèce, de l’Italie, de la Lettonie et du Luxembourg.

Une fois ce premier paquet de plans nationaux d’investissement et de réforme approuvé, il reste à la Commission européenne à conclure avec les 12 États membres les conventions de financement – qui encadrent le transfert des subventions – et les conventions de prêts, qui devraient intervenir dans les prochains jours, afin que les premiers fonds soient débloqués, dans le cadre du préfinancement de 13% (du montant total de chaque RRP) prévu dans le règlement, qui devrait alors intervenir ce mois-ci ou début août.

Le Portugal, dont le PRR s’élève à 16,6 milliards d’euros – dont 13,9 milliards de dons non remboursables, les 2,7 milliards restants sous forme de prêts à des conditions particulièrement avantageuses – devrait ainsi recevoir prochainement environ 2,1 milliards d’euros , équivalent à 13 % des fonds auxquels il a droit et qu’il devrait mettre en œuvre d’ici 2026.

ALYN (ACC) // MSF