Le Syndicat des pilotes de l’aviation civile (SPAC) a accusé la TAP de ne pas se conformer à l’accord d’urgence et a menacé de saisir la justice pour ne pas connaître le fondement d’un éventuel licenciement collectif, selon une lettre.

Dans la lettre, à laquelle Lusa a eu accès et que la SPAC a adressée au directeur des ressources humaines de l’entreprise de transport, Pedro Ramos et au président exécutif, Ramiro Sequeira, le syndicat a rappelé que « TAP a commencé à informer les travailleurs qui n’étaient plus licenciés. ‘ et qui peuvent faire l’objet de mesures unilatérales de la TAP (lire licenciement collectif) ».

Selon la SPAC, « ce processus intervient après deux faits essentiels » : l’« absence de réponse aux demandes successives d’informations chiffrées sur les besoins des pilotes et les coûts estimés pour 2021 avec des pilotes à fournir » et les « informations véhiculées par la ressources humaines que la profession de pilote compterait 51 pilotes qui feraient l’objet de mesures unilatérales ».

La SPAC rappelle également une « lettre du 31 mai 2021, des Ressources humaines » appelant le syndicat « à contribuer, dans cette dernière phase, à l’éclaircissement des travailleurs concernés, dans un climat de paix et de sérénité sociale ».

« Cependant, la manière dont ce processus est mené est une véritable déclaration de guerre au Syndicat et à tous ses Associés, car elle constitue une violation flagrante de l’Accord d’Entreprise d’Urgence », accuse la SPAC.

Le syndicat cite ensuite l’article 10 du document, qui établit que « cet accord contribue au dimensionnement du personnel effectif de pilotes, assumé dans le plan de restructuration de l’entreprise », et « avec cet objectif, il est complémentaire des mesures volontaires qui seront être adopté par l’entreprise, à savoir, la résiliation des contrats de travail par accord, les accords de préretraite, les pensions de vieillesse anticipées, le travail à temps partiel et autres, à annoncer par l’entreprise dans les meilleurs délais ».

Enfin, rappelle la SPAC, « dans le cas où, du fait de l’effet conjoint de cet accord et de l’adhésion volontaire aux mesures précitées, l’effectif prévu et nécessaire n’est pas atteint, notamment en cas d’adhésion insuffisante aux mesures proposées, l’entreprise devra recourir à des mesures alternatives pour atteindre cette dimension, notamment en termes de rupture des contrats de travail ».

« La TAP a successivement ignoré la SPAC, ne remplissant pas ses obligations d’information concernant la taille des effectifs nécessaires, selon les métriques du plan de restructuration négocié », a assuré le syndicat, ajoutant que, si l’entreprise « a déjà identifié le nombre de pilotes excédentaires signifie qu’il connaît le coût des pilotes attendus pour 2021 et le nombre de pilotes nécessaires pour le nombre d’avions qui seront exploités ».

La SPAC continue de mentionner que la « réduction de rémunération supplémentaire convenue dans l’AEE [Acordo de Emergência de Empresa] a pour objectif le «maintien des emplois». Si la TAP décide unilatéralement que 51 pilotes sont en excès, mais ne justifie pas le nombre atteint, il y a clairement violation de l’Emergency Company Agreement conclu avec le Civil Aviation Pilots Union », assure-t-il.

« Sans fournir d’informations sur l’exécution de l’Accord d’Entreprise d’Urgence de la TAP et sans suspension du processus de licenciement collectif déjà en cours, sans information ou connaissance des critères de sélection des travailleurs, toute procédure qui pourrait être déclenchée est nulle et non avenue, ce qui sera immédiatement priée d’être déclarée par la Cour », conclut l’entité.

La TAP a réduit de 2 000 à 206 le nombre de travailleurs qui doivent encore quitter l’entreprise, après la mise en œuvre des accords d’urgence et le respect des mesures volontaires, selon un message interne signé par les deux présidents.

Dans la communication, à laquelle Lusa a eu accès, le 31 mai, le transporteur a déclaré que « la mise en œuvre d’accords d’urgence et le respect de mesures volontaires ont permis de réduire le nombre initial de redimensionnement, inscrit dans le plan de restructuration en cours d’approbation par la Commission européenne, d’environ 2 000 à 206 travailleurs, à ce jour, hors cas particuliers dont les processus sont en cours ».

Ainsi, ce chiffre « représente une réduction d’environ 90 % par rapport au nombre initial », lit-on dans le message, signé par les présidents du conseil d’administration, Miguel Frasquilho et du comité exécutif, Ramiro Sequeira.

Selon les données partagées par les deux managers, « 51 pilotes, comparés au nombre initial de 458 », « 47 personnels de cabine, comparés au nombre initial de 747 », « 71 travailleurs M&E [manutenção e engenharia] Portugal, par rapport au nombre initial de 450 » et « 37 employés du siège social, par rapport au nombre initial de 300 ».

Le ministre des Infrastructures a réitéré ce lundi que le licenciement collectif chez TAP « est une possibilité depuis le début », notant que les négociations avec les travailleurs ont déjà permis de réduire de 2.000 à « environ 200 » les rendements nécessaires.

ALYN (PD) // EA

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