La conclusion, rendue publique aujourd’hui, est issue d’une enquête réalisée par la Fédération nationale des enseignants (Fenprof), qui a concerné 80 groupements d’établissements scolaires, soit environ 10% du nombre total d’établissements d’enseignement.

Parmi les plus de 89 000 élèves des écoles enquêtées, 5 544 bénéficient de mesures sélectives ou complémentaires et la majorité (81,7 %) passe plus de 60 % de son temps d’enseignement en classe. Le problème est que beaucoup n’ont pas de support spécialisé.

Selon les résultats de l’enquête, 40 % des élèves ayant des besoins particuliers ne bénéficient d’aucun soutien direct de l’éducateur spécialisé, qui ne fait que conseiller l’enseignant de la classe.

« Souvent (l’éducatrice spécialisée) ne connaît pas l’élève en question », rapporte Fenprof, soulignant que « ce n’est pas un accompagnement qui respecte l’individualité et les spécificités de chaque élève ».

Dans d’autres cas, les élèves sont pris en charge par un deuxième enseignant en collaboration avec le chef de classe ou encore par des assistants opérationnels qui, selon la structure syndicale, n’ont pas de formation adéquate à cet effet, « bien que certains aient déjà acquis une certaine expérience » .

Le manque de professionnels spécialisés pour l’éducation inclusive est le principal problème que, selon les résultats de l’enquête, les écoles soulignent dans le bilan qu’elles font des quatre années écoulées depuis la mise en œuvre du régime.

La plupart des groupes (73,5%) déclarent que le nombre d’assistants opérationnels pour l’éducation spécialisée reste insuffisant et 65,5% déclarent que ces professionnels n’ont pas de formation spécifique.

Les directeurs mentionnent également le manque d’orthophonistes, d’ergothérapeutes et de psychologues cliniciens, en plus des psychologues scolaires qui sont également insuffisants, et certains pointent également le besoin d’infirmières en raison des besoins de santé particuliers de certains élèves.

En ce qui concerne les enseignants, Fenprof mentionne qu’il existe un nombre important d’enseignants qui travaillent dans l’éducation spéciale, en particulier parmi les enseignants non spécialisés, qui sont placés dans le cadre du programme de mobilité récemment modifié pour cause de maladie.

« Avec les nouvelles règles imposées, qui empêchent tous ceux situés à moins de 20 kilomètres de solliciter cette mobilité, (les groupements) vont perdre cette possibilité de pallier le manque d’enseignants spécialisés, au détriment des élèves accompagnés », alerte la Fenprof .

Un autre aspect évalué dans l’enquête est lié aux règles de constitution des classes qui incluent des élèves ayant des besoins particuliers et qui ne doivent pas dépasser un total de 20 élèves et deux dans cette situation.

Parmi les 6 911 classes des 80 groupes enquêtés, 1 647 comportaient des élèves ayant des besoins particuliers, mais un peu plus de la moitié (56,6 %) répondaient aux deux critères.

Du reste, la plupart ont plus de 20 élèves et 14,3% échouent dans les deux, mais la Fenprof considère que cela résulte du manque d’autorisations, par la Direction générale des établissements scolaires, pour le fractionnement des classes.

De manière générale, l’enquête conclut que les écoles sont partagées dans leur appréciation du cadre légal actuel de l’Education Inclusive : 51,4% des groupes considèrent que c’est la réponse appropriée pour tous les élèves, mais 48,6% considèrent que ce n’est pas le cas et il y a même des cas dans lequel la structure de réponse précédente est conservée.

MYCA // HB