Les autorités portugaises se sont accrochées aux mots «vert» et «durable» pour essentiellement habiller les interventions minières prévues à travers le pays qui ne sont ni vertes, ni durables.

C’est l’opinion de GEOTA – le Grupo de Estudos de Ordenamento do Território e Ambiente – une ONG environnementale qui a collaboré à de nombreuses «  luttes herculéennes  », y compris la tentative extrêmement contestée et finalement échouée du gouvernement de couler des puits de pétrole pratiquement chaque pouce de Littoral portugais.

Le GEOTA a observé avec attention la tenue par la présidence portugaise du Conseil de l’Europe d’un autre de ses «événements» la semaine dernière, celui-ci sur le concept de l’exploitation minière verte, visant à «promouvoir une manière durable et responsable» d’exploiter dans divers quartiers du continent.

Les entreprises participantes, avec l’accord du gouvernement, ont défendu le concept garantissant «une efficacité maximale dans l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des minéraux extraits» ainsi que «la minimisation des impacts sociaux, environnementaux et patrimoniaux provoqués par les effets de l’exploitation minière».

Mais pour autant que GEOTA puisse en déduire, «ces projets ne sont pas aussi durables qu’ils se présentent». En effet, «l’appropriation de termes comme« vert »et« durable »est erronée, dit l’ONG. Il s’agit, en bref, d’un autre exercice de «greenwashing» (pour ceux qui ne connaissent pas le terme, le greenwashing est un amalgame de «vert» et de «lavage de cerveau». Il a été «créé» au début des années 90 par des ONG exposant des groupes industriels).

L’ingénieur en environnement Joanaz de Melo, membre du GEOTA et maître de conférences à la Faculté des sciences et de la technologie, comme l’explique l’Universidade Nova de Lisboa: «Le gouvernement a soutenu les entreprises qui souhaitent exploiter des ressources minérales, en mettant en évidence les avantages économiques de l’activité et en dévaloriser les dommages environnementaux et sociaux. Dans la plupart des zones touchées, il existe des mouvements civiques locaux qui s’opposent à l’installation de cette industrie, en raison de ses effets négatifs sur l’environnement, la société et l’économie ».

Le GEOTA est convaincu que si une entité doit découvrir les ressources disponibles au Portugal, ce doit être l’État, «de préférence par le biais du laboratoire national d’énergie et de géologie (LNEG)».

Le groupe souhaite également des études d’alternatives (à l’exploitation minière) menées à un niveau stratégique européen national et local, afin de mesurer les conflits d’intérêts potentiels.

Par exemple, le «zèle» pour extraire et raffiner le lithium: GEOTA suggère que «l’extraction du lithium au Portugal ne sera pas compétitive sur un marché mondialisé en raison des coûts élevés de son extraction par rapport à d’autres pays».

Ce n’est pas la première fois que des «experts» mettent en garde contre la folie de considérer le lithium comme le prochain el Dorado.

Selon Joanaz de Melo: «Une étude d’impact environnemental stratégique doit être menée sur l’éventail des possibilités d’exploration. Le lithium doit être considéré comme une ressource stratégique potentielle pour le pays, et non comme un simple actif financier qui peut être exploité à court terme à tout prix.

«Les impacts environnementaux d’une exploitation minière peuvent être considérablement atténués grâce à de bonnes pratiques d’installation, d’exploitation, de surveillance et d’inspection, mais l’activité d’extraction aura toujours des impacts négatifs importants. Une analyse minutieuse est essentielle. (Cette analyse) doit tenir compte à la fois des intérêts des communautés locales et de la valeur stratégique d’autres ressources naturelles, à savoir la biodiversité, l’eau, le sol et le paysage ».

La position de GEOTA intervient alors qu’au parlement cette semaine, le ministre de l’Environnement, João Pedro Matos Fernandes, a été accusé par des députés des partis minoritaires de «fermer les yeux» sur le problème environnemental de la prolifération des serres à Odemira auquel (enfin) le pouvoir local s’attaque.

Une nouvelle loi réglementant les mines a été récemment publiée par l’exécutif socialiste actuel, et a été «vivement contestée par les écologistes ainsi que par certaines municipalités qui s’opposent à ne pas pouvoir contrer la prise de décision centrale», a écrit Expresso mardi, ajoutant que «pour les projets ministériels d’intérêt national n’ont pas d’avis contraignant des autorités locales, comme ils ne l’ont jamais fait de leur vie ».

En effet, M. Matos Fernandes considère que la loi réglementant l’exploitation minière représente «un énorme saut en matière de rigueur et de qualité environnementales». Selon Expresso, en ce qui le concerne, «il n’y a pas de décarbonisation sans lithium».

natasha.donn@algarveresident.com