Dans le rapport contenant les prévisions économiques mondiales publié aujourd'hui («  Perspectives économiques ''), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) envisage deux scénarios d'évolution de l'économie portugaise en 2020 et 2021 selon que le pays fait face ou non à une deuxième vague de contagions. du nouveau coronavirus, prévoyant dans les deux cas une récession plus forte que le gouvernement.

Dans un scénario qui ne prend en compte que la vague de contagion observée dans la phase initiale de la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement alors prises, l'OCDE prévoit une récession de 9,4% cette année et une croissance du PIB de 6,3% l'année prochaine.

Dans le scénario macroéconomique qui accompagne le projet de budget supplémentaire pour 2020, le gouvernement indique une contraction du PIB de 6,9% en 2020 en raison des effets de la pandémie.

En supposant une deuxième vague et de nouvelles mesures de confinement, l'OCDE voit le produit intérieur brut (PIB) baisser de 11,3% en 2020, suivi d'une croissance de 4,8% en 2021.

Dans ce cas, souligne l'OCDE, «la reprise sera plus lente», en raison de l'impact négatif plus long sur les exportations, d'une plus grande incertitude, d'une augmentation des faillites et d'une plus grande difficulté pour les chômeurs à sortir de cette situation.

Concernant le chômage, l'OCDE prévoit une remontée du taux à 13,0% en 2020, enregistrant une baisse à 11,8% l'année prochaine – compte tenu du scénario d'une deuxième vague d'infections.

L'effet de la pandémie sur les exportations sera également significatif, l'OCDE prévoyant une baisse de 18,5% des ventes à l'étranger, même si elle prévoit que cet indicateur retrouvera un terrain positif l'année suivante, en hausse de 3,5%.

Notant que la période de confinement de deux mois a entraîné une baisse de 20% de l'activité économique en glissement annuel, l'OCDE souligne que, bien que le processus de fin de l'emprisonnement ait commencé en mai, la reprise sera lente et pourrait être Des mesures supplémentaires sont nécessaires, en plus de celles déjà prises par le gouvernement et du nouveau train de mesures pour le deuxième semestre, envisagé dans le programme de stabilisation économique et financière (PEES).

"Des mesures supplémentaires peuvent être nécessaires", en particulier s'il y a une nouvelle vague d'infections et la nécessité d'un nouveau confinement, dit l'OCDE, notant que l'augmentation du montant versé aux travailleurs placés en "licenciement" permettra de soutenir davantage le revenu familial et de remplacer d'autres mesures de soutien, telles que les prêts au loyer.

L'OCDE préconise également des mesures qui garantissent la viabilité économique des entreprises à long terme, à savoir l'octroi de garanties publiques pour éviter une escalade du défaut de crédit et la réduction des impôts en remplacement de la mesure actuelle qui permet le paiement de certaines taxes par étapes.

L'OCDE prévient également que cette crise pourrait entraîner de nouveaux risques pour la stabilité du système financier.

"Une lente reprise pourrait déclencher une vague de faillites, notamment dans les secteurs les plus touchés, avec des effets sur le secteur financier, à travers une augmentation significative des taux de défaut, qui restent encore élevés", précise le document.

Après l'excédent budgétaire enregistré en 2019, l'OCDE estime désormais que le Portugal sera confronté à deux années consécutives de fort déséquilibre, pointant vers un déficit de 9,5% en 2020 et de 7,4% en 2021 dans le scénario d'une deuxième vague de contagions et le besoin d'un nouveau confinement.

En l'absence d'une nouvelle vague de la maladie, le déficit devrait être de 7,9% cette année et de 4,7% en 2021.

Là aussi, les prévisions de l'OCDE sont plus pessimistes que celles du gouvernement portugais, qui table sur un déficit des comptes publics de 6,3% du PIB en 2020.

Concernant la trajectoire de la dette publique du point de vue de Maastricht (celle qui compte pour Bruxelles), l'OCDE s'attend à ce que le ratio monte à 139,9% du PIB en 2020 et à 137,9% en 2021 (en supposant une nouvelle vague d'infections) ou à 135,9% du PIB en 2020 et 131,4% en 2021 (sans deuxième vague).

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