Dans une réponse envoyée à Lusa, le Service des étrangers et des frontières (SEF) indique que 223.000 immigrés sont couverts par l’arrêté publié le 30 avril, qui détermine que tous les immigrés avec des procédures en cours au SEF, dont la demande a été faite entre le 18 mars et le 30 avril 2021, sont « temporairement en règle » dans le pays jusqu’à « la décision administrative finale du processus respectif ».

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la pandémie de covid-19 et a déjà fait l’objet de deux autres commandes, l’une en mars 2020, dans la première période d’état d’urgence vécue au Portugal à la suite de la pandémie de covid-19, et la autre en novembre 2020.

Le SEF souligne que ces immigrés dont la situation est temporairement régularisée peuvent obtenir le numéro d’usager, l’accès au Service national de santé ou d’autres droits aux soins de santé, l’accès aux services d’aide sociale et la signature de contrats de bail et de travail, ainsi que l’ouverture comptes bancaires et sous-traiter les services publics essentiels.

Le service de sécurité explique que les procédures sont « suspendues pendant la période d’examen et de traitement, garantissant l’égalité de traitement entre les citoyens étrangers ».

Selon la SEF, le document qui sert à prouver cette situation est la preuve de la manifestation d’intérêt (demande formalisée auprès de la SEF pour l’obtention d’un titre de séjour) effectuée via la plateforme électronique Automatic Pre-Scheduling System (SAPA).

Ce document est disponible sur le portail SAPA et peut être validé par les autorités publiques et privées auprès du SEF au moyen d’une clé d’accès et de la lecture d’un « QR Code », conformément à ce service de sécurité.

Le SEF précise également que le document est considéré comme valable pour tous les services publics.

S’adressant à Lusa, le président de l’Associação Solidariedade Imigrante, Timóteo Macedo, a déclaré que cette mesure augmente la précarité de l’emploi et du logement, les immigrés se sentant «prisonniers» au Portugal parce qu’ils sont laissés sans papiers et avec «la vie suspendue».

« Ce n’est pas d’expédition en expédition que les gens se sentent en sécurité. Il y a déjà trois dépêches et la situation n’est pas réglée. Les problèmes s’accumulent », a déclaré Timóteo Macedo.

Le président de l’Associação Solidariedade Imigrante a fait valoir que les immigrés couverts par cette mesure sont « emprisonnés » au Portugal, car ils « ne peuvent pas quitter le pays pour rendre visite à leur famille ou chercher un autre emploi, car ils n’ont pas de papiers ».

« C’est une violation des droits de l’homme, ils ne peuvent rien faire de leur vie, malgré le numéro d’utilisateur. Que vont-ils faire avec le numéro d’utilisateur », a-t-il demandé.

Timóteo Macedo a également souligné que les immigrés visés par cet arrêté sont « liés au carcan des patrons », car ils savent qu’« ils n’ont pas de papiers et que leur séjour sur le territoire national est provisoirement régularisé ».

L’Associação Solidariedade Imigrante défend que tous les immigrés qui ont des procédures en cours au SEF et couverts par ces arrêtés soient automatiquement légalisés.

« Au lieu d’aller de bureau en bureau et au vu de cette situation exceptionnelle, ces personnes dont les dossiers sont en cours doivent se voir remettre immédiatement un titre de séjour, quel que soit leur statut d’emploi », a-t-il affirmé.

Selon Timóteo Macedo, cette mesure « soulagerait le SEF » et « résoudrait le problème de milliers de citoyens emprisonnés dans ce pays ».

« Avec un titre de séjour, ces immigrés peuvent trouver un meilleur travail et surmonter la grande précarité de la question du logement », a-t-il conclu.

CMP // JMR