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Vision | Les victimes du BPP « risquent de ne rien recevoir » en raison du « paiement injustifié » d’intérêts à l’Etat

Dans un communiqué transmis à l’agence Lusa, Privado Clientes précise que « la BPP CL a représenté 160 millions d’euros d’intérêts en faveur de l’Etat, avec l’argent des créanciers », car, « bien qu’ayant un montant suffisant depuis le début de son activité, en 2010, il a attendu plus de 10 ans pour verser à l’Etat l’intégralité de la garantie bancaire qu’il a accordée ».

Selon lui, « à cette valeur s’ajoutent également les coûts officiellement constatés de fonctionnement du CL, entre 40 et 50 millions dans son intégralité ».

« La question que nous nous posons tous est la suivante : si le CL avait la capacité financière de payer l’État, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? Entre le paiement des intérêts et les dépenses du CL, il y a un risque réel qu’il n’y ait plus rien pour les personnes lésées », affirme le président de Privado Clientes, Jaime Antunes, cité dans le communiqué.

Comme il le souligne, « le paiement d’intérêts, le cas échéant, conduira le lésé à ne rien recevoir ou pratiquement rien d’une succession en faillite qui avait des centaines de millions d’euros en banque ».

« Est-ce que quelqu’un comprend que le CL, ayant des centaines de millions d’euros en banque et ne recevant aucun intérêt, comptabilise des intérêts d’un montant de 160 millions d’euros…? », demande-t-il.

Considérant que la performance de CL do BPP « s’est toujours faite au détriment des citoyens portugais privés lésés », l’association rappelle qu’« en 2008, le conseil d’administration nommé par Banco de Portugal a utilisé la garantie bancaire de l’État pour payer les créanciers et étrangers, discriminant les clients privés portugais ».

Des clients portugais qui « maintenant, encore une fois, sont laissés pour compte, avec la comptabilisation d’intérêts d’un montant de 160 millions qui auraient pu être évités ».

Pour Privado Clientes, la garantie bancaire de l’État « a été transférée dans un placement financier qui peut rapporter 4 % d’intérêt annuel à l’État, pénalisant à nouveau et de manière injustifiée les créanciers ».

Dans le communiqué transmis à Lusa, l’association rappelle que « la légalité de l’intérêt lui-même » sera toujours évaluée dans le cadre d’une procédure en cours et qu’elle analysera « la légalité de la garantie apportée par BPP à l’Etat », qui Privado Clientes dit avoir été « donné » sans présenter de plan de redressement, alors que l’administration investie par Banco de Portugal en 2008 aurait dû le faire ».

Cette administration a été en fonction jusqu’en 2010, date à laquelle la Banque du Portugal a retiré la licence de la banque, nommant par la suite la Commission de liquidation.

L’effondrement de BPP, banque dédiée à la gestion de fortune, a commencé avec la crise financière de 2008 et s’est terminé en 2010. Malgré la petite taille de la banque, la faillite de BPP a nui à des milliers de clients et à l’État, ayant également eu des répercussions importantes en raison aux effets de contagion potentiels au reste du système en cas de crise financière.

Le fondateur et ancien président du BPP, João Rendeiro, et d’autres anciens dirigeants du BPP ont été accusés de crimes économiques et financiers qui ont eu lieu entre 2003 et 2008, suite à l’attribution de prix et au détournement d’argent bancaire.

João Rendeiro est décédé le 12 mai dans une prison d’Afrique du Sud, où il se trouvait depuis le 11 décembre 2021, après avoir échappé pendant trois mois à la justice portugaise pour éviter de purger une peine au Portugal.

PD // JNM

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