L’avance imminente de la proposition de budget de l’Etat 2022 a conduit plusieurs députés socialistes à critiquer les anciens partenaires « gimmick » pour avoir annoncé le vote contre en général et à lancer des avertissements pour ce qu’ils admettent être le retour du centre-droit au pouvoir, six ans après que le deuxième exécutif de Pedro Passos Coelho, sans majorité absolue après les législatives de 2015, a été renversé à l’Assemblée de la République par les groupes parlementaires PS, Bloc de gauche, PCP et PEV et par l’unique député du PAN à l’époque.

Le député André Pinotes Batista a défendu sur Twitter ce mardi matin, à quelques heures du début du débat parlementaire qui culminera par le vote du projet de budget, prévu mercredi après-midi, que « le budget de l’État le plus ‘gauche’ du siècle » comptera avec les voix contre le PCP et le Bloc de gauche, « sous la grimace d’une droite légitimement assiégée par la reprise du pouvoir ».

Dans une longue succession de textes qui pointent du doigt « l’augmentation significative de l’investissement public », le « fort renforcement du Service national de santé », l’« augmentation des revenus portugais », le « pari record sur l’éducation » ou encore la « progressivité sans charge des crèches » comme motifs pour les partis plus à gauche d’approuver le projet de budget de l’État en général, le socialiste élu par le cercle de Setúbal finit par dire qu’« il nous reste deux jours pour que la rationalité l’emporte ».

Cependant, André Pinotes Batista dit aussi qu’il est impossible pour le PS d’abdiquer la rigueur budgétaire pour faire de plus grandes concessions aux groupes parlementaires de sa gauche. En effet, malgré la suspension d’une partie des règles du traité de Lisbonne concernant les déficits budgétaires et les taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, « ce ne sera pas toujours comme ça ».

Dans un registre littéralement plus poétique, Miguel Costa Matos, qui est également député et président de la Jeunesse socialiste (JS), a cité ce mardi un poème de Fernando Sabino dans lequel il exprime « la certitude qu’il faut continuer » et exhorte à « nous faisons interruption d’un nouveau chemin » et « de la chute un pas de danse ».

Comme déjà indiqué par le Président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, la proposition de Budget de l’Etat pour 2022 entraînera la dissolution de l’Assemblée de la République et la convocation d’élections législatives anticipées. Compte tenu du fait que les échéances de la législation électorale pointeraient vers une date dans la période de Noël, le scénario le plus probable sera, si ce scénario se confirme, le deuxième dimanche de 2022, le 9 janvier.