Le Syndicat des pilotes de l'aviation civile (SPAC) a émis une mesure de précaution exigeant que des informations soient fournies sur le plan de restructuration de la TAP, à savoir les motifs du licenciement de 500 de ces professionnels.

Le document, auquel Lusa a eu accès, a été transmis au tribunal judiciaire de Lisbonne, le tribunal du travail de Lisbonne, et nécessite une mesure de précaution commune, affirmant qu'il n'a pas reçu d'informations pertinentes sur le plan de restructuration de TAP, qui l'entreprise doit se présenter à la Commission européenne avant le 10 décembre.

La SPAC rappelle, dans cette mesure de précaution, qu'en raison de l'impact de la pandémie de covid-19, la compagnie aérienne «a fait l'objet d'un soutien de l'État, sous la forme d'un prêt» notifié à la Commission européenne et que le processus de restructuration » conséquence »de ce soutien.

Le syndicat a également rendu compte de plusieurs demandes qu'il a adressées à l'entreprise et à la tutelle pour avoir accès à plus d'informations, ainsi que de deux réunions auxquelles il a été convoqué, au cours desquelles «aucune information n'a été donnée», à savoir sur la réduction du personnel.

Lors d'une troisième réunion avec le conseil d'administration du transporteur, le 27 novembre, la SPAC a été informée, selon le document, que le plan «prévoyait des réductions de salaire d'au moins 25% chez TAP – Transportes Aéreos Portugueses, SA, avec l'intention de parvenir à une réduction annuelle de la masse salariale entre 230 et 352 millions d'euros »et que dans le même processus il a été envisagé le« licenciement de 500 pilotes ».

Dans le même contexte, selon le syndicat, le plan prévoit "la réduction immédiate de la flotte TAP" à "88 passagers et deux avions cargo, qui pourraient, à l'avenir, être convertis en transport de passagers".

Le SPAC conteste les hypothèses de l'évaluation qui ont conduit à ces conclusions, déclarant qu '«elles ne sont pas alignées sur des éléments déjà vérifiés ultérieurement, comme le début de la vaccination européenne contre le covid-19» commençant «entre décembre 2020 et janvier 2021» et se plaignant il est précisé qu '«aucune hypothèse financière n'a été formulée pour étayer les mesures de restructuration communiquées».

Selon le syndicat, «il n'a pas été possible, malgré les informations présentées dans un 'powerpoint' (non distribué aux personnes présentes, avec l'affirmation que l'information était réservée), de comprendre la justification et la rationalité économico-financière des mesures de restructuration communiquées, car le présenté, malgré les questions posées par la SPAC dans le sens de détecter et de densifier cette logique et cette rationalité ».

SPAC affirme également que «dans la contradiction, la TAP n'a pas été en mesure de présenter même les hypothèses opérationnelles et financières liées à cette proposition», n'ayant «pas pu justifier l'option de réduire le personnel de bord de TAP, tout en assurant la Transport de passagers TAP en sous-traitance par des tiers ».

Le syndicat affirme également qu '«aucune donnée n'a été présentée sur l'évolution de l'équilibre de la situation économique et financière de l'entreprise pour la période du plan, ce qui rend strictement impossible l'évaluation de la justification économique des propositions soumises, de leur besoin, de leur adéquation et de leur proportionnalité».

Ainsi, parmi les informations demandées par SPAC, figurent les «documents PowerPoint présentés lors des réunions tenues avec le requérant les 12 et 27 novembre» et des informations sur les projections économiques et financières des sociétés TAP, SGPS, SA, TAP, SA et Portugália , SA «pour la période 2020-2025».

SPAC souhaite également des détails sur l'évolution de la flotte dans chaque entreprise, année par année, et les hypothèses d'activité utilisées dans les projections de chaque entreprise, ainsi que plusieurs détails sur le contrat de Portugália pour effectuer les vols vendus par TAP.

Dans le document, le syndicat déclare également vouloir avoir accès aux «informations sur l'évolution prévue, sur la période 2021-2025, du personnel de TP S.A. et de Portugália, ventilée par catégories et fonctions» et aux états de paie respectifs.

Le SPAC demande que le groupe soit condamné à «payer une amende de 5 000 euros pour chaque jour de retard dans la fourniture des informations référées».

ALYN // MSF