«Si le programme de mesures volontaires est un échec, la TAP est responsable, car elle a mal conçu le programme, n’a pas écouté les syndicats et ignoré les attentes légitimes des travailleurs», maintient la SPAC dans un communiqué, considérant cette position de l’entreprise « absolument inacceptable » lorsque « l’avenir de nombreux pilotes et de leurs familles est en jeu ».

Pour le syndicat, « la manière dont le programme de mesures volontaires a été mené sape l’effort que les pilotes ont fait pour accepter des coupes brutales dans leur salaire (50%) et l’accord d’entreprise d’urgence lui-même ».

Selon la structure syndicale, « depuis le début du processus de restructuration que le conseil d’administration du groupe TAP et ses services RH (ressources humaines) ont, par rapport à la SPAC, alterné entre un comportement autiste et une attitude d’interaction ».

Assurant que c’était à son initiative qu’il était possible de conclure un accord d’entreprise d’urgence – «qui a été initialement ignoré par la TAP puis considéré comme essentiel pour l’avenir de l’entreprise», affirme-t-il – la SPAC souligne le programme de mesures volontaires comme «Un autre exemple du comportement erratique du groupe TAP, de son conseil d’administration et des services RH».

«Le programme est mal structuré, révèle des déficiences d’information et est absolument opaque», estime-t-il, accusant la direction RH d’être «incapable de répondre aux questions les plus légitimes des pilotes» et d’adopter «une attitude arrogante face au besoin d’avoir un dialogue et une réelle clarification des options qui se posent et qui comptent pour la décision des parties intéressées ».

Soulignant que «le succès des mesures volontaires a un impact direct sur la situation de ceux qui restent pour maintenir la TAP opérationnelle et viable», le syndicat comprend également qu’avec cette position, «TAP fait fi de la situation de ces pilotes qui ont donné de nombreuses années. de leur vie en faveur du succès de l’entreprise, en supprimant les attentes légitimes quant aux bénéfices sociaux auxquels les pilotes contribuaient et avec lesquels ils comptaient ».

De plus, la SPAC refuse «que les pilotes soient intimidés par les propositions autoritaires» qui, selon elle, ont été présentées par la TAP, de «l’impossibilité de négocier les conditions», à l’imposition de «clauses contractuelles inacceptables» et à la suppression du «syndicat de collaboration représentant intérêts collectifs ».

Pour la structure syndicale, «le fait que les mesures et les conditions soient modifiées chaque semaine, ce qui impliquera la prolongation du délai, est également un exemple de la manière dont le groupe a traité une question qui mérite le sérieux et la compétence de toutes les parties impliquées dans le processus ».

Dans ce contexte, le syndicat réitère son appel à l’extension, «au moins jusqu’à fin mars, du délai d’acceptation des mesures volontaires», afin que tous les travailleurs soient informés «des véritables implications des différentes hypothèses soulevées par TAP» et «les conditions sont créées pour qu’il y ait un départ volontaire effectif des pilotes».

«Il est temps que TAP fasse un effort supplémentaire et adopte une position différente: sans les pilotes, TAP ne peut pas être restructurée et, par conséquent, ses structures représentatives doivent être entendues et participer à tous les processus ayant un impact direct sur la vie de chacun et chacun des pilotes, en plus de l’impératif que ce sont les pilotes à traiter avec respect », conclut le SPAC.

Après cinq ans de gestion privée, la TAP est revenue en 2020 au contrôle de l’État, qui détient désormais 72,5% de son capital, après que l’entreprise a été gravement touchée par la pandémie de covid-19 et que la Commission européenne a autorisé des aides d’État à hauteur de 1200 millions d’euros à le transporteur national portugais.

Un plan de restructuration d’entreprise a été remis à la Commission européenne le dernier jour de la date limite, le 10 décembre, et prévoit le licenciement de 500 pilotes, 750 membres d’équipage de cabine, 450 techniciens de maintenance et d’ingénierie et 250 des zones restantes.

Le plan prévoit également une réduction de 25% de la masse salariale du groupe (30% pour les personnes morales) et du nombre d’avions composant la flotte de l’entreprise, de 108 à 88 avions commerciaux.

Au total, d’ici 2024, l’entreprise devrait recevoir entre 3 414 millions d’euros et 3 725 millions d’euros.

PD (MPE) // CSJ

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