La signature du document a impliqué trois entités: la Direction Régionale de la Culture du Centre, une organisation du Ministère de la Culture, la Municipalité de Carregal do Sal, propriétaire du projet, et la Fondation Aristides Sousa Mendes, propriétaire de la Casa do Passal, où résidait le consul .

«Le protocole établira les principes du partenariat à développer entre les signataires pour la définition du modèle de gestion et de maintenance de Casa do Passal, qui sera en vigueur après l’achèvement des travaux de requalification et de muséalisation et pour une période de trois ans», précise-t-il.

Pour cela, « un Comité de Suivi sera créé, qui sera chargé de définir les principes de gestion et le cadre stratégique de l’activité de Casa do Passal, composé d’un représentant de chacun des signataires ».

Ce plan de gestion stratégique et le règlement de gestion et de fonctionnement de Casa do Passal comportent une série de vecteurs, inscrits dans le protocole, à suivre et un délai de six mois à présenter par la commission afin qu’il puisse être approuvé par les signataires.

Le protocole établit que la direction régionale de la culture du Centre « s’engage à assurer un soutien financier pour les dépenses de fonctionnement, d’un montant de 300 000 euros, à transférer à la municipalité de Carregal do Sal ».

La municipalité est chargée «d’allouer des fonds à la gestion de Casa do Passal», «d’assurer les conditions nécessaires, de préparer et d’approuver, chaque année, le plan d’activités et le budget, ainsi que le rapport et les comptes respectifs au cours des trois premières années» .

La nomination ou l’embauche du directeur et de l’équipe technique, ainsi que les autres ressources humaines, sont également à la charge de la collectivité locale, «ainsi que l’allocation du soutien financier mentionné pour l’ensemble des charges de fonctionnement, à hauteur de 100 000 euros» par an.

La Fondation Aristides de Sousa Mendes « s’engage à promouvoir une stratégie de levée de fonds pour soutenir les dépenses de fonctionnement, y compris l’exécution du business plan ».

Ceci, «dans le cadre de la loi sur le mécénat, en établissant de bons partenariats avec des entreprises et d’autres entités au niveau régional et national, en veillant à ce que les fonds levés dans ce cadre soient transférés à la municipalité, qui assurera sa stricte allocation à Casa do Passal».

Déclarée Monument National en 2011, l’ancienne résidence d’Aristides de Sousa Mendes, et «un lieu pour de nombreux réfugiés sauvés par le diplomate, a une signification profondément humaniste» et, selon le document, «c’est un espace de grande dimension culturelle, sociale et histoire du pays ».

La municipalité de Carregal do Sal a repris en mai 2020, et pour une période de dix ans, la tutelle de la Casa do Passal, qui, après la requalification, sera utilisée «à des fins culturelles et d’initiative municipale, ainsi que pour utilisation ponctuelle de la Fondation ».

Fermé au public pendant près de 50 ans, il a subi une intervention sur les murs extérieurs et la toiture en 2014 et, aujourd’hui, il fait l’objet d’une «requalification, extérieure et intérieure, et de sa muséalisation».

Un travail que le ministre d’État et des Affaires étrangères, Augusto dos Santos Silva, a annoncé en juillet pour un coût total d’un million d’euros, dans le cadre des nombreuses activités prévues dans le programme Never Forgetting, liées à la mémoire de l’Holocauste.

Né le 19 juillet 1885, Aristides de Sousa Mendes, au début de la Seconde Guerre mondiale (1939/45), plus précisément à partir de 1940, a exercé les fonctions de consul à Bordeaux (sud-ouest de la France), ayant accordé une trentaine de 1000 visas pour sauver la vie de réfugiés du nazisme, pour la plupart juifs, contre les ordres exprès du régime fasciste portugais de l’époque, dirigé par António Oliveira Salazar.

Contraint de rentrer au Portugal, Sousa Mendes a été démis de ses fonctions et laissé dans la pauvreté, avec sa famille nombreuse. Il est mort dans la pauvreté le 3 avril 1954, à l’hôpital dos Franciscanos, à Lisbonne.

En 1966, il a été reconnu par l’institut Yad Vashem, un mémorial aux martyrs et héros de l’Holocauste, comme un «Juste entre les Nations» et, en 1998, il a reçu à titre posthume la Croix du Mérite de la République portugaise, pour ses actions à Bordeaux .

IYN (AMF / JSD) // SSS