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Premium »J’admets qu’António Costa renforce la centralisation pour éviter de nouvelles polémiques »

Les controverses avec certains ministres et les flambées de troubles dans certains aspects de l’action exécutive peuvent conduire António Costa à centraliser davantage la gouvernance, pour éviter les désagréments, estime le chercheur-coordinateur de l’Institut des sciences sociales de l’Université de Lisbonne, António Costa Pinto, quand Revue Economique.

Aussi parce que l’un des sujets sur la table, déjà en octobre, sera le budget de l’État pour 2023 (OE2023).

Après les polémiques qui ont impliqué certains ministres, comme Pedro Nuno Santos et Fernando Medina, faut-il s’attendre à ce que, sous peine d’usure accentuée de la part du gouvernement, António Costa apporte quelques modifications au fonctionnement de l’exécutif ?
Le Premier ministre nous a habitués à avoir un grand contrôle sur les décisions de ses ministres, notamment parce que la démocratie portugaise se caractérise par une grande centralisation des décisions au niveau du chef de l’exécutif. Ces erreurs de performance de Pedro Nuno Santos et Fernando Medina sont plus l’exception que la règle et, par conséquent, il est admis que le Premier ministre renforce la centralisation pour éviter ce type de cas.

Avec des thèmes à reprendre de la session parlementaire précédente et l’opposition affinant déjà les priorités pour l’OE2023, quels thèmes marqueront la rentrée parlementaire ?
L’inflation en fera certainement partie, puisqu’elle est à l’ordre du jour depuis la fin de l’année dernière et, ironie du sort, n’a pas marqué la campagne électorale. Cela a commencé à être évident en décembre de l’année dernière et, évidemment, avec l’aggravation de la situation, c’est à l’ordre du jour. Ainsi, parmi les propositions de l’opposition comme celle faite par le PSD pour anticiper d’éventuelles mesures gouvernementales [na rentrée política no Pontal]l’inflation sera un thème dominant, car elle est fortement ressentie par les Portugais.

Le conflit entre Augusto Santos Silva et le groupe parlementaire Chega marquera-t-il également le début des travaux parlementaires ?
Le thème, je ne le connais pas, mais il est certain que la stratégie de Chega restera la même. Il continuera à politiser tout incident ou outrage dans le cadre parlementaire. Cette performance est conforme à la stratégie politique de ce type de partis et va se poursuivre.

L’OE2023 est déjà en préparation et, à la majorité absolue, le Gouvernement n’a pas besoin de l’aval de l’opposition. Va-t-il encore écouter les revendications de la gauche et de la droite ?
On a vu que certains engagements du Parti socialiste avec la gauche, à savoir le PCP, ont fini par être tenus, comme c’est le cas de la gratuité des garderies. Le PS, en tant que gouvernement à majorité absolue, renforcera certes l’image du dialogue, mais il ne faut pas croire que l’opposition, qu’elle soit de droite ou de gauche, participera à ce dialogue.

Ce sera le premier budget de Fernando Medina, qui a été critiqué après la polémique avec Sérgio Figueiredo. Avez-vous plus de pression ?
Fernando Medina était sous le feu mais pour ce qu’on peut appeler un scandale de performance et n’a rien à voir avec le ministère qu’il supervise lui-même. Il convient de noter, par ailleurs, qu’il est l’un des rares ministres des finances politiques, puisque la démocratie portugaise a connu des dirigeants, dans ce portefeuille, avec une formation technique élevée et même, dans de nombreux cas, indépendants. Médine, de ce point de vue, fait exception. Mais il ne faut pas croire que le gouvernement socialiste s’éloigne trop de ses objectifs fondamentaux, à savoir les bons comptes. Je crois que cette stratégie continuera d’être le drapeau de ce gouvernement.

Le PS continue d’être en tête des intentions de vote, mais chute à nouveau dans les derniers sondages. Cette chute reflète-t-elle les polémiques dans lesquelles le gouvernement a été impliqué ?
Ces sondages sont intéressants car ils nous montrent l’évolution des intentions de vote, mais ils fonctionnent surtout comme des baromètres conjoncturels du mécontentement. c’est encore trop tôt [para tirar conclusões]. Cependant, dans le cas du PS, il reste dans la moyenne de ces dernières années, qui tourne autour de 36/37 %.

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