Dans le document, publié aujourd’hui par le journal Público, des personnalités telles que l’ancienne ministre Correia de Campos, Ana Gomes, l’ancienne secrétaire d’État Leal da Costa, l’ancien directeur général de la santé Francisco George, Helena Roseta et Paula Teixeira da Cruz, entre autres, ils soutiennent que le Portugal vit un moment qui devrait servir à « clarifier et améliorer l’efficacité des politiques publiques en matière de drogue, en faveur de la santé publique et individuelle, de l’État de droit et de la lutte contre le trafic de drogue ».

Ils rappellent également que le paradigme de l’interdiction de la vente et de l’usage du cannabis n’a eu aucun effet sur la réduction de son usage, « qui continue d’augmenter et tend à se normaliser socialement », et que la vente de cannabis sur le marché illégal « a un effet dangereux pour la santé, en raison de l’augmentation incontrôlée et continue de la puissance du pourcentage de THC, le composant psychotrope de la plante.

Les signataires se disent au courant des réformes législatives au Canada, en Uruguay et dans plusieurs États américains « qui ont conduit à la réglementation du cannabis et sont déjà évalués depuis de nombreuses années » et, reconnaissant qu’il ne s’agit pas d’une substance anodine, ils proposent cinq principes de la « régulation responsable ».

Ainsi, ils soutiennent que les objectifs doivent être définis « de manière claire et partagée », soulignant que « la réglementation du cannabis doit servir à défendre la santé et à lutter contre la criminalité, en finançant ces objectifs par des taxes sur le secteur » et que des mesures concrètes doivent « la consommation migre du marché illicite vers le marché contrôlé ».

Dans le principe de protection de la santé, ils défendent que la législation à créer doit définir un âge minimum de consommation, limiter le niveau maximum de THC des produits vendus, définir des règles de culture et de production visant à protéger la santé et l’environnement, et interdire et punir la conduite de véhicules et d’engins sous l’emprise du cannabis et doter les forces de sécurité des moyens nécessaires pour la contrôler.

Il devrait également être obligatoire que, au point de vente, il y ait une information pour le consommateur sur le contenu et les risques des produits, « à savoir les risques de dépendance, les moyens de réduire le risque et les alternatives de traitement, à travers l’indication des organismes et services publics à contacter ».

Pour lutter contre le marché illicite, le manifeste fait valoir que la législation à approuver doit « contenir des mesures de contrôle strict des personnes physiques et morales impliquées dans la culture, la production, la distribution et la vente de cannabis » et des mesures de « traçabilité du produit à partir de graines à la vente Finale.

Dans le domaine fiscal, les signataires du document rendu public aujourd’hui estiment que la législation devrait « créer une taxe spéciale sur le cannabis qui a le double objectif d’augmenter les recettes, mais aussi de façonner les modes de consommation », par exemple en créant un prix minimum et progressivement taxer les produits avec des concentrations plus élevées de THC.

Ils considèrent également qu’une partie des recettes fiscales collectées devrait être affectée au renforcement de la prévention des nouvelles consommations et à l’investissement dans le dispositif de réduction des risques et de minimisation des dommages, ainsi qu’aux moyens chargés du traitement.

« L’intervention des taxes dans le prix du cannabis doit prêter attention à l’équilibre délicat entre l’objectif d’élimination du marché illicite – le prix du cannabis légal doit concurrencer les prix du marché illicite afin d’encourager la transition des utilisateurs vers le marché réglementé — à des fins de prévention générale », écrivent-ils.

Enfin, ils soutiennent qu’elle devrait être « régulée progressivement » et « évaluée périodiquement », considérant que la réglementation de l’usage responsable du cannabis « devrait reposer sur une idée de progressivité et d’évaluation régulière » pour « permettre un ajustement des politiques en réponse aux -évolution scientifique ».

En ce sens, ils proposent que, dans un premier temps, soient convenus les formes de production et les formes de présentation autorisées dont la consommation est potentiellement plus dangereuse.

« Pour les mêmes raisons, au moins dans un premier temps, les importations du produit final devraient être restreintes », ajoutent les responsables, proposant la création « d’une structure transversale de suivi continu de la nouvelle politique de régulation de l’usage responsable du cannabis, fonctionnant en principe en SICAD, mais toujours avec le renforcement des moyens ».

La légalisation du cannabis est en discussion à l’Assemblée de la République, notamment à la Commission de la santé, avec des projets de loi présentés par le bloc de gauche et par l’Initiative libérale.