L’ancien président de la République Cavaco Silva a répondu à la commission d’enquête à Novo Banco en utilisant les transcriptions de son livre «Jeudi et autres jours» et en rappelant que le chef de l’Etat «n’exerce aucun rôle» dans le système financier.

Dans les réponses «au groupe de questions liées à la crise du BES», auxquelles l’agence Lusa a eu accès, Cavaco Silva commence par mentionner que «le président de la République, aux termes de la Constitution, n’a pas de pouvoir exécutif ni exerce-t-il une fonction dans le cadre du système financier »et que« étant une entreprise individuelle, elle ne dispose pas de services qui lui permettent de collecter et de traiter des informations «motu proprio» ».

«Ce qui a été mentionné par moi à ce sujet dans l’exercice de mon activité de Président de la République et que j’ai alors jugé pertinent et que, après plus de six ans, je peux transmettre à cette commission d’enquête avec la rigueur qui s’impose de un ex-président de la République, il figure dans le 2ème volume du livre «Jeudi et autres jours» (Porto Editora, 2018) et que je transcris ci-dessous », peut encore être lu.

Dans un document de huit pages dans lequel il répond conjointement aux questions posées par le BE, le PS et le PAN dans le cadre de l’éventuelle commission d’enquête parlementaire sur les pertes enregistrées par Novo Banco et attribuées au Fonds de résolution, Cavaco Silva précise que, lors les mandats en tant que président de la República, ont adopté «la pratique de recevoir les présidents des conseils d’administration des banques qui demandent une audition».

«Et d’après ce qu’il a entendu, il a informé le Premier ministre lors de la réunion de jeudi prochain. De la même manière, j’ai procédé avec le gouverneur du Banco de Portugal », garantit-il.

Ainsi, dans sa réponse, Aníbal Cavaco Silva aborde, à l’aide de passages de son livre, des sujets tels que l’entrée de Vítor Bento à la présidence de Banco Espírito Santo (BES), son inquiétude face à l’exposition de Grupo Espírito Santo (GES) à BES, des déclarations aux journalistes sur GES, l’exposition de la banque à BES Angola (BESA) et les contacts avec Luanda, l’inquiétude concernant la résolution de BES, le renouvellement de Carlos Costa en tant que gouverneur de Banco de Portugal en 2015, ou le financement de leurs campagnes électorales.

Le PS a demandé, le 25 mars, le témoignage écrit de l’ancien président de la République Cavaco Silva, des anciens premiers ministres Durão Barroso et Passos Coelho et l’audition en face à face de l’ancien commissaire européen Carlos Moedas en commission de enquête du Novo Banco, cette enquête a déjà eu lieu.

L’annonce a été faite au parlement par le coordinateur PS de cette commission d’enquête, João Paulo Correia, un jour après l’audition de José Honório, ancien administrateur du BES et de Novo Banco, qui, selon le socialiste, a révélé que l’ancien président du BES Ricardo Salgado en 2014, il a remis un mémorandum à chacune des autorités politiques dans lequel il faisait état du «trou géant dans lequel le GES était inséré».

Pour le PS, il y a des responsabilités qui «ne sont pas suffisamment clarifiées de la part de ces autorités politiques».

JF / JE // JPS