Le rapporteur adjoint de l’éventuelle commission d’enquête parlementaire sur les pertes enregistrées par Novo Banco et imputées au Fonds de résolution, le socialiste Fernando Anastácio, a présenté ce matin aux autres députés la version préliminaire du rapport final de cette commission, un document de plus de 400 pages auxquelles l’agence Lusa avait accès.

Les parties pourront désormais soumettre des propositions d’amendements jusqu’à vendredi, en commençant la discussion du rapport final le lundi de la semaine prochaine.

Clôturant le document, le rapporteur a proposé 10 recommandations, la première d’entre elles étant adressée au Banco de Portugal (BdP).

« L’exposition à des risques majeurs pour les parties liées est apparue comme l’une des causes déterminantes de l’effondrement de BES. La nécessité de réduire voire de mettre fin à ce type d’exposition est une mesure essentielle, notamment, pour assainir la relation des entreprises dans les conglomérats dits mixtes », argumente-t-il.

Ainsi, il est suggéré au superviseur dans cette version préliminaire que « de proposer à la BCE et au Gouvernement, eu égard aux grands risques pour les parties liées, l’interdiction de ce type de financement, quitte à créer une période de transition à cet effet », ou encore que « ce type de financement est de nature résiduelle, n’excédant jamais 5 % des fonds propres consolidés ».

La question des « portes tournantes » a également fait l’objet de discussions au sein de la commission d’enquête, le document évoquant, bien que n’étant pas des entraves, « plusieurs situations d’alternance entre l’exercice de fonctions dans le régulateur, dans le ont été identifiés », ce qui soulève des « contraintes évidentes », en plus d’être compris par l’opinion publique « comme un facteur de discrédit pour les institutions et leurs professionnels ».

« Il est recommandé à la BdP de revoir la dite ‘période de dégoût’ applicable à la transition entre les fonctions régulatrices et régulées, sans préjudice du schéma suivi par le mécanisme de surveillance unique — MSU, qui s’avère insuffisant », propose-t-il.

Une autre proposition du rapporteur concerne « un contrôle parlementaire meilleur et efficace », étant nécessaire pour « étendre les devoirs de collaboration avec l’Assemblée de la République » dans l’accès aux informations bancaires et de surveillance soumises au secret.

Au Gouvernement, à la BdP et au Fonds de Résolution (FdR) il est proposé « la cessation des situations vérifiées vis-à-vis du commissaire aux comptes de FdR, Novo Banco et Nani Holdings », ce qui est le même, ainsi que « vis-à-vis de la société contracté par NB et FdR pour l’Agent de Vérification », qui avait fourni des services au Ministère des Finances dans le cadre du processus de vente de l’entité bancaire à Lone Star.

JF/JE // JNM