Le président de la Cour des comptes (TdC), José Tavares, a déclaré ce lundi que l’organe qui supervise et contrôle l’utilisation des fonds publics sera « à l’affût de la bonne exécution » du Plan portugais de relance et de résilience (PRR) approuvé. le 16 juin.

« Nous serons attentifs à la bonne exécution du PRR, toujours avec une vision pédagogique de l’affectation des fonds aux fins auxquelles ils sont destinés, et en exerçant les responsabilités le cas échéant », a garanti José Tavares lors de la séance d’ouverture du conférence « European Funds : Management, Control and Responsibility », organisée par TdC et qui a lieu ce lundi et mardi, au Culturgest, à Lisbonne.

Dans un événement qui coïncide avec la présidence portugaise de l’Union européenne (UE) et avec le début d’un nouveau cadre financier pluriannuel, ainsi qu’avec le début de la mise en œuvre du PRR, le président de TdC a appelé le Portugal à montrer qu’il a appris de « l’expérience des anciens cadres de soutien communautaire ». Quant au TdC, José Tavares a assuré que l’entité chef de file « mettra tout en œuvre pour être un facteur de confiance pour les citoyens »

Évoquant que la Cour des comptes a un rôle actif à jouer dans le cadre du PRR, José Tavares a considéré la prévention du « risque de fraude et de corruption, dans la qualité de l’organisation, dans la planification rigoureuse, ainsi que dans la l’efficacité de la gestion » comme des fonds « essentiels » mis à disposition par Bruxelles pour relancer l’économie.

En ce sens, le président de TdC a souligné que l’organisme aura une action centrée sur l’inspection des questions de gestion éthique, ainsi qu’une attention particulière à ceux qui exercent des fonctions publiques avec des responsabilités dans l’utilisation des fonds, ainsi que dans le contrôle de la « exécution et mise en œuvre bonnes et efficaces des programmes, projets et mesures ».

Les marchés publics auront « une énorme importance » dans le cadre du PRR, a prévenu José Tavares. « Par conséquent, le respect des termes du concours méritera également notre attention particulière », a-t-il affirmé.

Ainsi, José Tavares a révélé que le TdC dispose déjà d’un groupe de travail « pour suivre » la loi qui comprend des mesures spéciales pour les marchés publics et amende le Code des marchés publics, approuvé le 21 mai au Parlement.

Le 16 juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé l’approbation par l’exécutif communautaire du RRP portugais, soulignant qu’il « transformerait profondément l’économie nationale » et que les premiers fonds pourraient arriver en juillet. À l’époque, le Premier ministre, António Costa, s’était félicité de cette réalisation et avait déclaré que le PRR était un plan « ambitieux et transformateur » pour l’économie.

Pour financer la relance, la Commission européenne va, au nom de l’UE, emprunter jusqu’à 750 milliards d’euros aux prix de 2018 sur les marchés des capitaux – ou jusqu’à environ 800 milliards d’euros aux prix courants – en prêts d’environ 150 milliards d’eurosa année, en moyenne, entre mi-2021 et 2026, faisant de l’UE l’un des principaux marchés émetteurs.

Les fonds financeront la facilité pour la relance et la résilience, évaluée à 672,5 milliards d’euros (aux prix de 2018) et un élément central de la « Next Generation EU », le fonds de 750 milliards d’euros approuvé par les dirigeants européens en juillet 2020 pour la relance économique de l’UE à partir de la crise provoquée par la pandémie de covid-19.

Un préfinancement de 13 % du montant total alloué à chaque État membre sera mis à la disposition des gouvernements nationaux, en tenant compte de l’approbation de leurs plans par le Conseil des ministres des finances de l’UE (Ecofin). La présidence portugaise a déjà reconnu sa volonté d’organiser un Ecofin extraordinaire fin juin, si nécessaire pour l’adoption du premier paquet de plans.