Dans la lettre, à laquelle Lusa a eu accès aujourd’hui et a été envoyée au Premier ministre le 7 mars, le maire de Porto, Rui Moreira, et le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, déclarent « que le délai de transfert des compétences dans les domaines de la santé et l’éducation, à l’instar de ce qui s’est passé dans l’action sociale, devra nécessairement être étendue ».

Constatant que le modèle actuel de décentralisation des compétences a révélé « de nombreuses difficultés et incohérences » depuis le début, les deux maires affirment que le calendrier établi « en raison de son étroitesse » et du « retard dans la publication des diplômes sectoriels » ne permettait pas « une réflexion approfondie » ni la « bonne adaptation et préparation » des services aux nouvelles compétences.

« Il s’agit d’un modèle trop rigide qui ne répond pas aux spécificités, aux dimensions et aux structures organisationnelles des différentes communes », observent-ils dans la lettre, dans laquelle ils soulignent que les communes n’ont pas été correctement associées au processus.

Carlos Moedas et Rui Moreira soutiennent également que le modèle de décentralisation actuel « ne garantit pas nécessairement une amélioration du service aux populations et une gestion efficace des ressources », et que tant l’enveloppe financière prévue que les ressources humaines sont « manifestement insuffisantes et en-dessous de besoins réels ».

Cela « peut mettre certaines communes en danger de faillite », estiment les maires.

Dans la lettre envoyée au Premier ministre, Moreira et Moedas précisent également qu’il serait « utile » de nommer une commission indépendante pour évaluer l’impact financier réel de la décentralisation des compétences, afin que « les fonds alloués à chaque municipalité soient ajustés et tenir compte de leurs véritables besoins.

Dans le même temps, les deux maires proposent une « révision globale » du modèle de décentralisation, dans laquelle la possibilité d’exercer certaines compétences au niveau des associations municipales est évaluée.

Le processus de transfert de compétences dans plus de 20 domaines de l’administration centrale aux municipalités est en cours depuis 2019.

Le transfert définitif et obligatoire des compétences dans les domaines de l’Education, de la Santé et de l’Action sociale aux communes devait intervenir à partir du 1er avril 2022, après plusieurs reports, en raison du retard de publication de certains diplômes sectoriels, notamment dans ceux trois domaines, plus complexes et qui impliquent également le transfert de montants financiers de l’Etat vers les communes

Le 3 février, le Gouvernement a approuvé la possibilité pour les communes de demander une prolongation jusqu’au 1er janvier 2023 du délai de transfert des compétences en matière d’action sociale, en maintenant le 01 avril pour l’effectivité de l’éducation et de la santé.

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