« Les dépenses de l’Union européenne [UE] pour lutter contre la désinformation ont été jusqu’à présent relativement faibles : 50 millions d’euros entre 2015 et 2020 », indique la Cour des comptes européenne (CCE) dans un rapport publié aujourd’hui.

Dans le document intitulé « La désinformation dans l’UE : phénomène combattu mais non maîtrisé », la Cour des comptes appelle à plus d’efforts des institutions européennes sur cette question, précisant que 2018 a été l’année (dans cette période) avec le plus de dépenses, totalisant plus de 14 millions d’euros. euro, selon les informations fournies par la Commission européenne et le Service européen pour l’action extérieure.

Ce fut, en fait, l’année où l’exécutif communautaire a créé un plan d’action contre la désinformation, ayant également créé un code de conduite qui a ensuite été signé par diverses plateformes numériques avec des mesures volontaires contre la désinformation.

Au cours des cinq années examinées dans ces fonds, l’UE a proposé des mesures telles que l’embauche de personnel, la réalisation d’études sur les relations extérieures et l’impact des technologies sur les élections, des actions pour promouvoir l’éducation aux médias et les droits de citoyenneté, le renforcement de la communication stratégique sur ce et la création de l’Observatoire européen des médias numériques, est évoquée dans le document.

La semaine dernière, la Commission européenne a annoncé vouloir « responsabiliser les utilisateurs » de plateformes numériques, comme les réseaux sociaux Facebook et Twitter, et leur faire signaler de fausses informations, en créant des « labels d’avertissement » pour avertir des « contenus problématiques », notamment liés à la pandémie.

Il s’agit d’un renforcement du code de conduite créé en 2018 par l’exécutif communautaire et souscrit par diverses plateformes numériques contre les « fake news » (fausses nouvelles) sur internet.

Fin 2018, les plateformes numériques telles que Google, Facebook, Twitter, Microsoft et Mozilla se sont engagées à lutter contre la désinformation sur leurs pages en signant un code de conduite volontaire contre les « fake news », un mécanisme d’autorégulation qui, ces dernières années, a a été centré sur la désinformation sur le covid-19 (comme les vaccins).

« Le plan d’action de l’UE s’est également concentré sur le secteur privé et la société civile, dans le contexte de la lutte commune contre la désinformation. La Commission européenne a institué un code de conduite pour l’implication des plateformes en ligne, composé de mesures volontaires », observe la Cour des comptes dans le rapport.

Cependant, selon le tribunal, « l’objectif de sensibilisation et d’amélioration de la résilience de la société n’a pas été atteint », étant donné « l’absence d’une stratégie d’éducation aux médias qui inclut la lutte contre la désinformation ainsi que la fragmentation des politiques et des actions visant à renforcer la capacité des personnes à accéder aux médias et aux communications, les comprendre et interagir avec eux ».

En outre, selon l’organisation, « il existe un risque que le nouvel Observatoire européen des médias numériques n’atteigne pas ses objectifs ».

Dans ce rapport, la Cour a également analysé les efforts du Service européen pour l’action extérieure dans ce domaine, notant que l’UE « a amélioré sa capacité à répondre aux menaces de désinformation dans les pays voisins ».

Cependant, pour la cour, le groupe de travail EUvsDisinfo, centré sur la désinformation russe, « soulève quelques questions sur son indépendance et sa finalité ultime, tant le projet peut être compris comme représentant la position officielle de l’Union ».