Dans une déclaration envoyée à Lusa, la FNAM explique qu’elle a demandé à Marcelo Rebelo de Sousa, ainsi qu’au Médiateur et Procureur général de la République, de demander au TC la déclaration d’inconstitutionnalité de cette règle contenue dans le budget de l’État pour 2022.

Pour la FNAM, « il n’y a aucun doute sur l’inconstitutionnalité de la règle, car elle ne respecte pas, au moins, l’article 59 de la Constitution de la République portugaise (CRP), sur le droit de concilier vie professionnelle et vie personnelle, le droit à à la fourniture d’un travail dans des conditions de sécurité et d’hygiène et au droit au repos et aux loisirs, à une limitation maximale de la journée de travail et au repos hebdomadaire ».

Cette Fédération considère qu’ « en pouvant contraindre les médecins à travailler bien au-delà de 150 heures supplémentaires par an, limite légalement définie, dans la loi générale du travail dans la fonction publique et dans le code du travail, tout et tout respect de leur vie de famille et leur droit au repos et aux loisirs, leur imposant un travail infini, sans limites et sans droits ».

Selon la FNAM, la CRP prévoit, dans son article 59, « l’existence d’une obligation d’établir, au niveau national, les limites du temps de travail », limites qui, selon elle, « sont dépassées avec cette norme », ainsi que « Le devoir de protection spéciale du travail effectué dans des conditions de risque et de pénibilité, également inscrit dans cet article, n’est pas sauvegardé.

Le texte souligne que « le travail aux urgences est une activité qui nécessite une réponse permanente à des situations diverses et différentes de maladie soudaine ou aiguë » et ​​que « la grande complexité et responsabilité du travail médical aux urgences est une demande particulière, qui génère des niveaux élevés de fatigue, d’usure et de stress ».

Pour cette raison, la FNAM juge « incompréhensible que pour le Gouvernement il soit possible d’accumuler plus de fatigue, plus d’usure et plus de stress sur les médecins des services d’urgence, notamment après le travail effectué pendant la pandémie de covid-19 ».

La FNAM pointe également une autre violation du CRP : « La règle du budget de l’État pour 2022 viole également le paragraphe 1 de l’article 64 du CRP, car elle met en péril le droit à la protection de la santé des usagers, ce qui peut augmenter le risque de erreurs et défaillances techniques, dues au niveau de fatigue et d’épuisement, lors des soins médicaux dans les services d’urgence du Service National de Santé (SNS) ».

Pour la FNAM, « ce n’est pas avec ce type de mesures que le Gouvernement pourra sécuriser les médecins dans le SNS ».

« Pour cela, il est urgent que le ministère de la Santé veuille revaloriser la carrière médicale et respecter la spécialisation médicale », pointe-t-il.

JCR // MV