Selon le rapport annuel de suivi de la violence domestique 2019 du Secrétariat général du ministère de l'Intérieur (SGMAI), les forces de sécurité ont reçu 29473 rapports de violence domestique en 2019, dont 13503 dans la Garde nationale républicaine (GNR) et la 15970 restant dans la police de sécurité publique (PSP), ce qui correspond à une augmentation de 11,5% par rapport à 2018.

En moyenne, les forces de sécurité recevaient 2 456 rapports par mois, soit 81 par jour et environ trois plaintes par heure.

«Sur tous les mois de 2019, le nombre d'occurrences a augmenté par rapport à la même période de l'année précédente, avec une augmentation de ce taux de variation de janvier à mars (où il a atteint sa valeur maximale: + 26%) et aussi de Octobre à novembre », lit-on dans le rapport.

Il mentionne également qu'au cours de l'année écoulée, les districts où il y a eu le plus de plaintes étaient Lisbonne (6 702), Porto (4 996), Setúbal (2 829), Aveiro (2 035) et Braga (1 953).

Le SGMAI a également analysé la période entre 2008 et 2019 et a trouvé, dans l'ensemble des deux forces de sécurité, un taux de variation annuel moyen de 0,7%.

«Après une augmentation des effectifs entre 2008 et 2010, il y a eu une baisse jusqu'en 2012, et de 2013 à 2018 il y a eu une stabilisation d'entre eux, enregistrant cependant en 2019 l'augmentation annuelle la plus significative de toute cette période. (+ 11,5%) », précise SGMAI.

Dans 82% des cas, la victime était une femme, mariée ou en union de fait (41%), avec une moyenne d'âge de 42 ans et sans dépendre économiquement de l'agresseur (84%).

Dans 74% des cas, les forces de sécurité ont rencontré des relations conjugales présentes (52,4%) ou passées (21,3%), et dans 7% des cas les victimes étaient des filles de l'agresseur et dans 11% il y avait une relation amoureuse.

La personne dénoncée, en revanche, était généralement (84%) de sexe masculin, marié ou en union de fait (41%), avec une moyenne d'âge de 43 ans et sans dépendre économiquement de la victime (89%).

Près de la moitié des plaintes (48%) ont été déposées en personne et l'intervention de la police a généralement eu lieu à la suite d'une demande de la victime (76%), mais il y avait aussi des cas (13%) où la plainte provenait d'un membre de la famille ou d'un ami rapport anonyme.

En revanche, 76% des cas se sont déroulés chez la victime et l'agresseur ou juste au domicile de la victime, et ce n'est que dans 18% des cas que les violences ont eu lieu sur la voie publique ou dans des espaces publics fermés. Dans 31% des cas, les événements se sont déroulés devant des mineurs.

Selon le SGMAI, dans 20% des cas enregistrés par le PSP, il y avait un enregistrement d'une ou plusieurs plaintes formalisées antérieures.

«La violence physique était présente dans 68% des situations, psychologique dans 89%, sexuelle dans 3%, économique dans 8% et sociale dans 22%», lit-on dans le rapport.

Dans le même temps, les forces de sécurité ont arrêté 1 018 suspects de violence domestique en 2019, ce qui correspond à 215 arrestations de plus qu'en 2018, «leur valeur ayant plus que quadruplé entre 2009 et 2019 (373%)».

Ensemble, le GNR et le PSP ont réalisé 29 992 évaluations des risques et 23 376 réévaluations, 90% des cas enregistrés ayant reçu le statut de victime.

Sur un total de 16 585 résultats d'enquêtes sur la violence domestique signalés et analysés, 77% ont été déposés et 19% seulement ont fait l'objet de poursuites.

Sur les 1839 décisions définitives sans appel, plus de la moitié (61%) se sont soldées par la condamnation de l'agresseur, 60% des décisions rendues en 2019 ayant duré entre deux et trois ans, majoritairement suspendues.

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