Le Syndicat des enquêteurs, de l’inspection et des inspecteurs des frontières (SIIFF) a annoncé aujourd’hui la suspension de «tous les avertissements de grève» édictés jusqu’à vendredi, jour où il rencontrera le ministre de l’Intérieur.

Dans un communiqué envoyé à Lusa, le SIIFF du Service des étrangers et des frontières (SEF) a indiqué qu’il avait reçu une invitation d’Eduardo Cabrita à « se réunir vendredi prochain ».

Mardi, le gouvernement a décidé de procéder à une réquisition civile des inspecteurs de la SEF à la suite de la grève prévue pour juin, et le syndicat a interjeté appel de cette décision auprès de la Cour administrative suprême.

La direction nationale du SIIFF a déclaré dans son communiqué que «les conditions sont réunies pour suspendre tous les avertissements de grève émis jusqu’à la date de la réunion prévue, dans l’espoir que cette réunion ait un objectif effectif d’impliquer les structures représentatives des travailleurs dans le processus de restructuration du SEF et, par conséquent, de clarification de l’avenir de ses inspecteurs ».

Dans le même sens, le syndicat a rappelé l’approbation de la recommandation, présentée par le groupe parlementaire du CDS-PP, «pour que le gouvernement soumette à l’Assemblée de la République la restructuration annoncée» du SEF.

Jeudi, le SIIFF avait précisé que le cycle de grèves de l’été, débutant en juin, « est la dernière option » et que tout dommage doit être « exclusivement attaqué » au ministre de l’Intérieur.

«Le recours à la grève, nous le savons bien, ne peut être libre ou frivole. C’est donc avec un énorme sens des responsabilités que l’exercice d’un tel droit implique que nous voulons préciser que la grève déclenchée est notre dernière option, et que les professionnels de SEF ne peuvent être tenus responsables des pertes qu’une telle action pourrait entraîner. Cette responsabilité doit être assumée exclusivement par MAI et le gouvernement qui la soutient », a écrit le syndicat dans une lettre ouverte pour expliquer les raisons du cycle de grèves.

L’enjeu est la restructuration du Service des étrangers et des frontières annoncée par le gouvernement, mais qui, selon le SIIFF, n’a pas encore fait de proposition au syndicat après cinq mois.

Pour le syndicat, le gouvernement renvoie les professionnels de la SEF à «un statut de simples observateurs» et «victimes d’une désinformation manifeste» sur ce service.

Le syndicat a également estimé que les inspecteurs de la SEF se battent pour le travail et «non pour des avantages, des augmentations ou des avantages», soulignant que la grève est «le dernier recours» au vu de la position du gouvernement qui «refuse d’éclairer les inspecteurs».

La résolution du Conseil des ministres, qui définit les orientations politiques pour la création du Service des étrangers et de l’asile, qui succédera au SEF, établit «les bases d’une séparation organique très claire entre les fonctions de police et les fonctions d’autorisation administrative et de documentation des immigrés» .

La résolution détermine quelles fonctions de police du SEF seront transférées à la Garde nationale républicaine, à la police de sécurité publique et à la police judiciaire, ainsi que les pouvoirs qui seront transférés à l’Institut des registres et des notaires, laissant le Service des étrangers et de l’asile avec  » tâches technico-administratives ».

EJ (CMP) // SB