«Ainsi, il est jugé essentiel que, dans la situation actuelle de forte incertitude, les entreprises favorisent le maintien de niveaux de capitalisation robustes, conformément aux recommandations de l’ASF [Autoridade de Supervisão de Seguros e Fundos de Pensões] limiter les initiatives, qu’il s’agisse de distribuer des dividendes ou d’autres mesures de réduction des fonds propres disponibles », lit-on dans le rapport sur la stabilité financière publié aujourd’hui par le superviseur.

Selon l’ASF, suite aux chocs appliqués lors du test de résistance réalisé au dernier trimestre 2020, les ratios de couverture du SCR (Solvency Capital Requirement) et du MCR (Minimum Capital Requirement) du secteur national de l’assurance « ont accusé une forte dégradation ».

Dans le cas du ratio de couverture SCR, des «valeurs légèrement inférieures au seuil de 100%» ont été atteintes, 11 participants se situant en dessous de cette valeur.

La couverture MCR, en revanche, est restée «au-dessus du seuil réglementaire pour tous les groupes d’entreprises», conservant «une certaine marge de manœuvre», bien qu’il y ait eu une situation de non-conformité chez trois opérateurs.

Selon le superviseur, «ces résultats se dégradent dans le contexte de l’absence d’ajustement pour volatilité (VA) et de la mesure transitoire sur les provisions techniques (MTPT), notamment dans le cas de ces dernières», ce qui met en évidence «la pertinence pour le marché national l’utilisation de cette mesure d’érosion progressive, soulignant également l’importance de promouvoir le renforcement de la position financière des opérateurs par la réduction progressive de leur dépendance ».

Tout en soulignant que «le secteur de l’assurance nationale a fait face à cette pandémie avec des niveaux de solvabilité globalement confortables», ASF considère qu ‘«il présente des vulnérabilités qui, selon la nature et les chocs auxquels il est soumis, peuvent conditionner sa capacité à absorber les impacts».

Parmi ces «vulnérabilités spécifiques» met en évidence la concentration des portefeuilles d’investissement dans certains émetteurs, le poids des titres de créance classés au niveau de qualité de crédit le plus proche du seuil «investment grade» et l’extension de l’utilisation de la déduction transitoire aux provisions techniques.

Soulignant la nécessité, dans le contexte actuel de «forte incertitude», pour les compagnies d’assurance de sauvegarder «des niveaux de capitalisation robustes», ASF considère que toute initiative impliquant la réduction des fonds propres disponibles «doit nécessairement s’inscrire dans le cadre d’une politique de risque intégrée la gestion « .

Par conséquent, ils ne doivent pas négliger «le maintien de saines pratiques de souscription et de politiques susceptibles de garantir la pérennité technique des opérateurs, dûment alignées sur le traitement juste et équitable des assurés, cherchant à gérer activement et prospectivement les effets de la pandémie sur ses différentes dimensions. ».

Comme l’explique l’ASF, le «stress test» a été réalisé «en vue d’évaluer la résilience du secteur aux principaux risques macroprudentiels, ainsi que d’identifier des vulnérabilités spécifiques pour l’exercice de la fonction de surveillance».

Le scénario défavorable envisagé sur l’année reposait sur «la matérialisation des incertitudes liées aux impacts de la pandémie de covid-19 sur l’économie, avec la survenue de chocs sur les marchés financiers, avec un impact sur la situation financière et la solvabilité des les compagnies d’assurance ».

«Les chocs défavorables calibrés par l’ASF montrent une grande gravité, ainsi qu’une ampleur non encore observée en termes conjoncturels, en grande partie en raison des effets de […] mesures de stabilisation externe mises en œuvre », note le superviseur.

En analysant plus en détail les résultats du test de résistance, il apparaît que l’application de chocs a conduit à une compression du total de l’actif (5,5%) supérieure à la réduction du passif total (1,8%), générant une baisse combinée d’environ 43% de excédent d’actifs sur passifs, correspondant à 1 950 millions d’euros.

«Les sociétés opérant dans la branche Vie ont enregistré le pourcentage de réduction le plus significatif de la dernière variable, et les sociétés mixtes les plus contenues, mais toutes du même ordre de grandeur, situées entre 40% et 50%», se réfère le ASF.

Pour le groupe de sociétés de l’univers analysé, les chocs appliqués ont conduit à une diminution des fonds propres éligibles à la couverture du capital de solvabilité requis (SCR) initialement existant d’environ 46%, correspondant à 2 295 millions d’euros.

En termes d’impacts sur les exigences de fonds propres réglementaires, il y a eu une compression, en termes relatifs, de l’exigence associée aux risques Vie (35%), ainsi qu’une certaine réduction de l’exigence associée aux risques de marché (6%).

Selon le superviseur, «ce dernier résulte de la combinaison de l’effet de réduction de l’exposition (résultat de la réévaluation à la baisse due aux chocs), partiellement compensé par la dégradation des coefficients à appliquer du fait de la dégradation de la qualité du crédit, selon la transition prescrite ».

PD // MSF

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