S’adressant à des journalistes au parlement, le député Duarte Marques s’est interrogé non seulement sur l’existence de la dette de trois millions d’euros révélée jeudi par TVI, mais aussi sur ses motivations, trouvant étrange que l’ACM n’ait pas réclamé ce montant plus tôt.

« Le groupe parlementaire PSD considère qu’il semble y avoir une stratégie pour boycotter l’activité du SEF et la bonne image du SEF par les personnes proches du MAI », a-t-il déclaré.

Pour le député PSD, « si ce n’est pas une stratégie pour détériorer l’image du SEF et ainsi justifier sa fermeture, semble-t-il ».

« Peut-être y a-t-il une autre divergence ici entre l’AMI [Eduardo Cabrita], qui supervise le SEF, et le ministre de la Présidence [Mariana Vieira da Silva], qui est responsable de l’accueil », a-t-il déclaré.

Interrogé sur la raison pour laquelle le PSD ne convoquera qu’Eduardo Cabrita au parlement, le député a expliqué que « l’origine du problème réside dans l’AMI ».

« Si l’AMI nous donne des informations qui s’avèrent importantes pour appeler le ministre de la Présidence, nous le ferons », a-t-il assuré.

Le député a souligné qu’il s’agit de l’argent que l’État portugais reçoit de la Commission européenne (dix mille euros pour chaque réfugié accueilli) et qu’il y avait déjà eu des rapports de dettes alléguées du SEF dans ce domaine en 2018 et 2019.

Le PSD a déjà adressé une question au Gouvernement, qui attend une réponse, sur l’existence de « défaillances de contrôle » mises en évidence dans un rapport de l’audit de la Cour des comptes effectué au Programme national du Fonds pour l’asile, les migrations et Intégration, en 2019.

« Compte tenu des faits nouveaux et graves qui sont désormais rendus publics, le PSD comprend qu’au nom de la transparence indispensable dans l’utilisation des fonds publics, il est urgent que toutes les questions entourant l’application et le transfert des sommes allouées soient clarifiées dès que possible. par la Commission européenne pour l’accueil des réfugiés », justifie le parti, dans la candidature présentée aujourd’hui au parlement.

Selon les informations de TVI, le SEF a retenu plus de 3,5 millions d’euros de fonds communautaires pour accueillir les réfugiés au Portugal de janvier à septembre, contrairement aux déclarations du directeur national du SEF qui, ces derniers jours, a donné des garanties qu’il a toujours payé intégralement les frais d’accueil du Haut-Commissariat aux migrations.

Le 10 septembre, le SEF a indiqué qu’il suivait les recommandations de l’audit 2019 de la Cour des comptes, ayant effectué le « paiement intégral » de 10 000 euros à chaque réfugié reçu au Portugal dans le cadre du programme de réinstallation de l’Union européenne.

Dans une note envoyée à Lusa, le Service des étrangers et des frontières (SEF) a précisé que « 21 millions d’euros ont été reçus et transférés dans le cadre du Programme national du Fonds pour l’asile, la migration et l’intégration (FAMI) », de 2014 à l’actualité de accueillir des réfugiés qui se trouvaient en Turquie et en Égypte.

En 2019, TdC a détecté des erreurs financières de près de 42 000 euros dans le Programme national du Fonds pour l’asile, la migration et l’intégration, notamment dans le Service des étrangers et des frontières, avec des différences inexpliquées entre les montants reçus et payés.