En dépit de l’annonce d’hier selon laquelle la Cour de justice de l’Union européenne a annulé la décision approuvant l’affectation de 1,2 milliard d’euros d’aides d’État à la compagnie aérienne déficitaire TAP, le gouvernement portugais «continue malgré tout».

La prochaine tranche de financement – 462 millions d’euros – devrait être remise d’un jour à l’autre, et les plans visant à amortir la compagnie aérienne avec pas moins de 3,72 milliards d’euros d’ici 2024 sont toujours «  sur la bonne voie  ».

Le Premier ministre António Costa a déclaré hier que la décision du tribunal «n’avait aucune conséquence», du moins pour le moment.

Jusqu’à ce qu’il soit «définitif», le gouvernement entend «continuer» avec son plan initial – malgré le fait qu’il existe d’autres compagnies aériennes qui pourraient facilement combler toute lacune laissée par l’effondrement de la TAP.

C’est du moins l’argument utilisé par Ryanair – la société qui a porté le «renflouement» de l’État devant les tribunaux européens au motif qu’il enfreignait les règles européennes en matière de concurrence.

Si, en fin de compte, la décision du tribunal est confirmée, des sources ont admis que «cela signifiera la fin du TAP» – un scénario avec lequel de nombreux Portugais diront qu’ils n’ont aucun problème.

Ryanair a salué la décision du tribunal, soulignant que la Commission européenne avait en fait approuvé 30 milliards d’euros d’aides d’État à divers pays pour «sauver» les transporteurs nationaux en difficulté.

Entre-temps, la Commission européenne a déclaré qu’elle «analysait les prochaines étapes» qu’elle devra franchir pour fournir une «justification» améliorée du financement.

La décision du tribunal, publiée hier, a également annulé l’aide de 3,4 milliards d’euros approuvée pour «sauver» la compagnie aérienne néerlandaise KLM.

La TAP a entre-temps écrit à son personnel à la suite de la décision du tribunal, leur assurant que «cela n’aura aucun impact immédiat».

La compagnie aérienne est en train de se renforcer en termes de tourisme, augmentant ses services entre le Portugal et le Royaume-Uni au point qu’elle disposera de 93 000 sièges d’ici fin juin. Cela donnera à TAP 34% du «marché» potentiel, devant les concurrents Ryanair (avec 22%), EasyJet (21%), British Airways (i16%) et WizzAir (7%).

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