Selon une étude de l’Institut européen pour l’égalité entre les femmes et les hommes (EIGE), publiée aujourd’hui, le coût estimé de la violence sexiste sera de 366.322.108.190 euros par an, dans le monde des 27 États membres de l’Union européenne.

« Les violences faites aux femmes représentent 79 % de ce coût, soit 289 milliards d’euros », précise l’institut.

Dans le cas particulier du Portugal, l’EIGE estime que la violence sexiste coûte environ 8,4 milliards d’euros chaque année, dont 6,68 milliards se rapportent à la violence sexiste à l’égard des femmes.

L’analyse de l’EIGE couvre également le coût de la violence dans le cadre des relations intimes, qui coûte au Portugal 4,04 milliards d’euros par an, dont 3,49 milliards sont liés à des cas de violence à l’égard des femmes.

Dans les 27 pays de l’Union européenne, les violences dans le cadre des relations intimes coûtent près de 175 milliards d’euros par an, dont 86,8% concernent des affaires contre les femmes, soit près de 152 milliards d’euros.

Selon l’EIGE, ces résultats sont environ un tiers plus élevés que l’estimation précédente.

« La nouvelle étude de l’EIGE déconstruit les différents coûts de la violence basée sur le genre, le coût le plus élevé provenant de l’impact physique et émotionnel (56 %), suivi du coût des services de justice pénale (21 %) et des pertes au niveau de l’économie. (14 %) », lit-on dans le document.

D’autres coûts peuvent inclure des services juridiques, par exemple, en cas de divorce ou de réglementation des responsabilités parentales, l’aide au logement ou la protection de l’enfance.

L’institut européen explique qu’il a effectué les calculs de ces coûts pour l’Union européenne et pour chaque État membre à partir des données du Royaume-Uni, qui ont ensuite été extrapolées pour chaque cas.

De cette manière, « elle lie directement le coût de la violence sexiste dans chaque État membre de l’UE à la taille de sa population ».

« Étant donné que l’étude de l’EIGE comprend un examen des méthodologies existantes pour calculer le coût de la violence sexiste, les États membres de l’UE peuvent s’en servir comme base pour concevoir leurs propres estimations de coûts internes », a-t-il déclaré.

Elle ajoute que pour que les pays puissent faire un calcul plus précis des coûts de la violence basée sur le genre, ils ont besoin d’informations plus détaillées de la part des services publics, notamment des forces de sécurité ou des services de justice.

« Les violences sexistes restant sous-déclarées, les pays ont également besoin de données pour avoir une idée réelle du nombre de victimes », se défend l’EIGE, notant que la collecte de données détaillées sur les différentes formes de violences sexistes « est une obligation. en vertu de la Convention d’Istanbul, que tous les pays de l’UE ont signée et 21 ont ratifiée ».

Dans une déclaration, le directeur de l’EIGE souligne que la vie humaine, la douleur et la souffrance n’ont pas de prix, mais affirme que connaître le coût de la violence peut aider les pays européens à canaliser les ressources financières là où elles sont vraiment nécessaires et où il peut y avoir une meilleure relation entre le coût et avantage.

« L’argent dépensé pour l’aide aux victimes n’est pas suffisant, les services comme les refuges ne représentant que 0,4 % du coût des violences basées sur le genre », souligne Carlien Scheele.

Il défend également que les différents pays doivent investir davantage dans des actions de prévention des violences faites aux femmes et de protection des victimes, soulignant qu’il ne s’agit pas seulement d’un impératif moral, mais aussi d’économiser de l’argent.

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