Le PCP veut mettre fin au régime de privilège qui est accordé aux grands débiteurs fiscaux ou concessionnaires de contrats de partenariat public-privé (PPP), entre autres, qui voient leurs différends avec l’État soustraits aux tribunaux et renvoyés arbitrage, avec «de graves pertes» pour l’intérêt public. Une mesure est proposée dans un projet de loi déposé hier au Parlement et qui vise à interdire à l’État de recourir à l’arbitrage pour résoudre les litiges en matière administrative et fiscale.

«Le Groupe parlementaire PCP considère qu’interdire à l’État de recourir à l’arbitrage pour résoudre les litiges le concernant en matière administrative et fiscale, et notamment en matière de marchés publics, est une décision législative imposée au nom de la plus élémentaire stratégie pour prévenir la corruption et la décence dans la défense de l’intérêt public », lit-on dans le diplôme communiste.

Dans le projet de loi, deux principes généraux sont mis en évidence: les litiges découlant de relations juridiques régies par le droit administratif et fiscal sont de la compétence exclusive des tribunaux. Et il est également interdit à l’État et aux autres personnes morales de droit public de recourir à des tribunaux arbitraux pour régler les différends découlant d’actes ou de contrats régis par le droit administratif et fiscal.

Selon le PCP, il est vrai que la Constitution admet l’existence de formes de composition non juridictionnelle des conflits, qui passe notamment par la possibilité légale de recours à l’arbitrage. Cependant, il défend, s’il semble admissible, en termes de principes, que dans des situations où des intérêts privés entre des parties égales sont en jeu, ils entendent, par contrat, soumettre leurs différends respectifs à l’arbitrage, «c’est déjà irrecevable, car la PCP, que cela peut se produire dans des situations où il existe une nette inégalité entre les parties ou dans des situations où il existe un intérêt public à défendre par l’État ».

Dans ces cas, selon les communistes, seules les garanties d’impartialité données par les tribunaux étatiques sont en mesure de garantir l’application de la justice matérielle, «dictée par la loi et respectueuse de l’intérêt public et des principes de légalité et d’égalité» .

Le PCP précise également qu’au cours des dernières années, plusieurs instruments juridiques ont permis à l’État de recourir à l’arbitrage pour régler les conflits résultant de l’application de contrats administratifs, ainsi qu’en matière fiscale.

«En matière fiscale, cette possibilité viole clairement le principe de légalité de l’activité administrative et le principe que tous les citoyens sont égaux devant la loi», souligne-t-il, estimant qu ‘«elle n’est pas autorisée pour un citoyen qui, par imprudence ou distraction, est sévèrement puni par l’administration fiscale pour un simple retard dans une déclaration de revenus ou le paiement d’un acompte IMI ou IUC, sans appel ni appel, et que dans le cas d’un débiteur de millions envers l’administration fiscale, l’État accepte de recourir à l’arbitrage , finissant par abdiquer une grande partie de ce qui est dû, ce qui profite clairement au délinquant ».

Pour les communistes, la justice fiscale « ne peut pas traiter les débiteurs riches comme des citoyens de première classe qui négocient ce qu’ils paient et les débiteurs pauvres comme des citoyens de seconde zone qui paient ce qui est nécessaire ».

D’autre part, ajoutent-ils, en matière de marchés publics, l’État, en abdiquant pour soumettre les litiges découlant des marchés publics aux tribunaux, «se soumet à une forme de justice privée invariablement défavorable, avec un préjudice grave à la justice. d’intérêt public et avec d’énormes profits pour les intérêts économiques privés concernés ». Ils soulignent ici qu’à la fin du premier trimestre 2018, l’État avait déjà perdu 661 millions d’euros en litige avec les concessionnaires de PPP routier décidé par arbitrage.

«Il s’avère que les PPP routiers sont les exemples les plus choquants de proie des ressources publiques au profit de grands groupes économiques, l’aggravation des litiges découlant des contrats conclus entre l’État et les concessionnaires faisant l’objet d’arbitrages qui aboutissent à de graves pertes financières pour l’Etat, invariablement «condamné» à payer de grosses indemnités », concluent-ils.

Les députés du Groupe parlementaire PCP, auteurs du projet de loi, rappellent que le recours à l’arbitrage par l’État a même été critiqué «avec véhémence» dans un récent jugement de la Cour administrative centrale Sud, pour avoir fait appel aux tribunaux d’État, sans fondement juridique, de les décisions des arbitres auxquelles il a décidé de faire appel.

Ils illustrent le cas du navire Atlântida, construit dans les chantiers navals de Viana do Castelo, affirmant que «c’était l’un des exemples les plus tristes des conséquences dommageables du recours à l’arbitrage par l’État». En effet, affirment les communistes, «par arbitrage, l’entreprise publique a été condamnée à garder le navire, qui était censé être sans valeur, et à verser une indemnité de 40 millions d’euros. Dès que la société a été privatisée, il est devenu très clair que le navire était non seulement inutile, mais qu’il était vendu à bon prix à une autre société privée ».