Le Parlement européen a demandé ce jeudi la création d’un « instrument contraignant » visant à lutter contre les pratiques fiscales dommageables des entreprises de l’Union européenne (UE), défendant également des mesures pour éviter « la planification fiscale agressive » par les pays.

Dans un rapport approuvé par 506 voix pour, 81 contre et 99 abstentions lors de la session plénière de l’Assemblée européenne, qui s’est tenue entre lundi et aujourd’hui dans la ville française de Strasbourg, les députés ont fixé des priorités pour la réforme de la politique de l’UE en matière de fiscalité dommageable. pratiques et proposer un nouveau cadre d’évaluation des politiques nationales.

Le document indique que « bien que la concurrence fiscale entre les pays ne soit pas problématique en soi, il doit y avoir des principes communs sur la mesure dans laquelle ils peuvent utiliser leurs régimes et politiques fiscaux pour attirer des entreprises et des bénéfices ».

Et, selon le rapport, « les États membres de l’UE perdent collectivement la plupart de leurs recettes d’impôt sur les sociétés au profit d’autres États membres de l’UE plutôt que de pays tiers », étant la principale cause de cette perte de revenus « le manque d’action législative contre les agresseurs intracommunautaires pratiques fiscales et concurrence fiscale dommageable ».

Par conséquent, parmi les recommandations formulées par les députés européens figure la révision des critères, de la gouvernance et du champ d’application du code de conduite sur la fiscalité des entreprises par le biais d’un « instrument contraignant » visant à lutter contre les pratiques fiscales dommageables, qui devrait être remplacé par un « cadre sur les mécanismes fiscaux agressifs et des taux d’imposition bas ».

« La réforme des critères du code de conduite est une urgence », souligne l’assemblée européenne, prônant l’inclusion d’un critère de taux d’imposition effectif, conformément au futur taux d’imposition effectif minimum convenu au niveau international, ainsi qu’aux exigences qui permettent une concurrence loyale.

Il s’agirait de renforcer ce dispositif, qui n’est pas contraignant, à l’heure où des révélations de mouvements financiers néfastes comme les « Pandora Papers » émergent et où les députés estiment que les critères du code de conduite sont en partie dépassés, compte tenu de l’accent mis sur les préférences régimes.

Les parlementaires ont également demandé instamment l’adoption d’une définition de « niveau minimum de substance économique » et d’éventuelles nouvelles exigences et indicateurs de l’activité économique réelle aux fins des règles fiscales, ainsi que l’élaboration de lignes directrices sur la manière de concevoir des incitations fiscales justes et transparentes, avec moins de risques de distorsion du marché unique.

Ils préconisent également l’élaboration, dans le cadre du semestre européen, de recommandations par pays pour soutenir la réduction de la « planification budgétaire agressive dans l’UE ».

Dimanche dernier, le Consortium international des journalistes d’investigation a publié un nouvel ouvrage, intitulé « Pandora Papers », dans lequel il révèle que 14 dirigeants mondiaux actifs ont caché des milliards de dollars de fortune pour éviter de payer des impôts.

A ce nombre s’ajoutent 21 dirigeants qui ne sont plus au pouvoir et qui ont également dissimulé des biens et des revenus.

S’exprimant jeudi lors d’un débat au Parlement européen, le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni, a assuré que Bruxelles « rendra de plus en plus difficile » la fraude fiscale dans l’UE, à savoir agir contre des entreprises fictives, après le enquête’ Pandora Papers’ ont révélé des illégalités financières de centaines de personnalités.