« Parmi les différentes questions déontologiques en jeu », il souligne, dans un communiqué, « le non-respect du point 8 du Code de déontologie, qui stipule que « le journaliste ne doit pas identifier, directement ou indirectement, des mineurs, soit des sources, des témoins de l’actualité événements, victimes ou auteurs d’actes que la loi qualifie de crime ».

Dans la note, le Conseil de déontologie mentionne également que, selon le Code civil, les droits de la personnalité bénéficient également d’une protection après le décès du titulaire respectif.

L’instance souligne que le point 8 du Code de déontologie a été révisé en 2017 et que cet amendement « était considéré comme un progrès dans la défense des droits de l’enfant ».

« La sensibilité à la couverture médiatique des enfants a été un thème récurrent de l’action des derniers conseils déontologiques de l’Union des journalistes », lit-on dans le communiqué.

Outre l’utilisation de l’image des enfants sans consentement, dans une recommandation du 3 juin 2009, « la CD demandait aux journalistes de réfléchir si le fait que les noms des mineurs servaient de base à l’identification publique des soi- appelés «cas» n’ont pas fonctionné comme un élément supplémentaire pour aggraver la situation des victimes des enfants impliqués », lit-on dans le communiqué.

Dans la note, le CD regrette que « les journalistes et les médias soient touchés par des événements dramatiques, dont le cas de Setúbal, maintenant, ou celui de Peniche, en 2020, ne sont que deux exemples plus récents, tombant dans des traitements informatifs exhaustifs qui ne ne préservent pas l’identité et la vie privée des citoyens et ne remplissent pas les conditions de sérénité, de liberté, de dignité et de responsabilité des personnes concernées ».

En ce sens, le CD exhorte les journalistes « à mener un débat et une réflexion sur ces aspects », considérant que « c’est précisément dans des cas de drame particulier et dans la manière dont il traite les personnes en situation de fragilité particulière ». […] que le journalisme et les médias se distinguent par la noblesse de leurs valeurs éthiques et déontologiques et de responsabilité sociale ».

« Ce n’est pas la peine de polémiquer devant la société sur l’importance du journalisme pour la démocratie quand chacun de ses citoyens est traité avec négligence, à commencer par les plus démunis », défend le CD.

Aujourd’hui, l’Entité de régulation des médias (ERC) a confirmé, dans des déclarations à Lusa, « la réception de participations » à la couverture télévisée de la mort d’un enfant à Setúbal, qui « sont à l’étude ».

Lundi, il a été annoncé que le groupe parlementaire PCP avait demandé à l’ERC de préciser s’il envisageait de commenter la couverture médiatique du meurtre présumé de Jessica Biscaia.

Interrogée par Lusa pour savoir s’il y avait d’autres demandes similaires reçues par le régulateur, l’ERC « confirme la réception de la participation, concernant la couverture télévisée de l’affaire susmentionnée, et que celles-ci sont à l’étude par les services de l’entité ».

Le régulateur ajoute également, dans une réponse écrite, que « lorsque l’ERC produira une déclaration, elle la publiera, comme d’habitude, sur le site Internet de l’entité ».

Selon une demande adressée, vendredi dernier, à l’ERC, par l’intermédiaire de l’Assemblée de la République, le banc communiste « exige que l’Entité de régulation des médias précise s’il est prévu de commenter » la couverture médiatique du meurtre présumé de un enfant de trois ans, à Setúbal, le 20 juin.

Le PCP considère que la surveillance exercée par les médias était une « exploitation inhumaine de tout ce qu’il y a de plus sordide dans cette affaire ».

DF (ALU/(AFE/GR) // JNM